Edulcorants: le lien avec le diabète s’affirme

Le 05 juin 2013 par Romain Loury
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Mon nom est aussi E-955.
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Le sucralose, un édulcorant non calorique, a des effets sur la glycémie et sur l’insuline qui ne sont pas sans évoquer ceux qui précèdent la survenue d’un diabète, montre une étude américaine publiée dans la revue Diabetes Care.

édulcorants non caloriques : mensonge ?

Leitmotiv des industriels du soda, l’idée selon laquelle les boissons light préviendraient la prise de poids et le diabète est de plus en plus fragilisée. D’après des études chez l’animal, les édulcorants non caloriques ne seraient en effet pas si «physiologiquement inertes», en ce qu’ils favorisent l’absorption du glucose au niveau intestinal. Un effet contre-productif que Yanina Pepino, du Center for Human Nutrition de Saint Louis (Missouri), et ses collègues viennent de mettre en évidence chez l’homme.

Les chercheurs ont étudié 17 personnes obèses, ne consommant pas de boissons light et sans aucun signe de diabète. La moitié d’entre elles devaient ingérer du sucralose, l’autre de l’eau, juste avant d’absorber du glucose. Une semaine plus tard, ils changeaient de groupe, chaque participant constituant ainsi son propre contrôle négatif.

 

 

L'absorption du glucose, facilité par le sucralose

Selon ces résultats, le sucralose, bien que non calorique, semble bien favoriser l’absorption de glucose: la glycémie monte plus haut dans le groupe sucralose (+0,864 gramme par litre) que dans le groupe contrôle (0,756 g/l). Idem pour le taux sanguin d’insuline, dont la hausse est de 20% supérieure dans le groupe sucralose, du fait d’une plus grande sécrétion (+22%) et d’une moindre élimination (-7%) de l’hormone. Au final, la sensibilité à l’insuline diminue de 23% [1].

 

 

«Ces résultats confortent l’idée selon laquelle le sucralose n’est pas inerte d’un point de vue métabolique, et qu’il possède au contraire des effets physiologiques», commentent les auteurs. Reste à savoir si de tels effets sont observés avec d’autres édulcorants. En particulier pour le premier d’entre eux et le plus polémique, l’aspartame, mais aussi la stevia.

Selon l’Observatoire de la qualité de l’alimentation (Oqali), le sucralose, autorisé dans l’UE depuis 2004, a connu une rapide montée en puissance jusqu’en 2009, année où il était présent dans 44,2% des nouveaux produits, avant de décliner par la suite (30,8% des produits mis sur le marché en 2012). Au total, on le trouve actuellement dans 26,2% des produits édulcorés, loin derrière l’aspartame (74,3%) et l’acésulfame K (92,6%).

 

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[1] Précédant le diabète, la résistance à l’insuline, qui se caractérise par une désensibilisation progressive des récepteurs de cette hormone, induit une accumulation du sucre dans le sang.



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