Edulcorants et grossesse: des enfants plus souvent obèses

Le 08 juin 2017 par Romain Loury
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L'aspartame
L'aspartame

Les boissons édulcorées consommées pendant la grossesse sont liées à un risque accru d’obésité chez l’enfant lorsqu’il atteint l’âge de sept ans, selon une étude américaine publiée dans l’International Journal of Epidemiology.

Très polémique au début des années 2000, le sujet des édulcorants artificiels, en particulier de l’aspartame, est un peu retombé dans l’oubli. Et ce malgré plusieurs études suggérant un risque sanitaire: en 2010, une étude danoise avait ainsi révélé un risque accru d’accouchement prématuré chez les femmes en consommant pendant leur grossesse.

Début 2015, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait conclu à l’inutilité des édulcorants dans la lutte contre le surpoids et l’obésité, jugeant qu’il n’existait aucune preuve de leur efficacité. Une étude française publiée en 2013 avait même suggéré que les boissons édulcorées pourraient favoriser le diabète.

Outre les naissances prématurées, une étude canadienne de mai 2016 avait montré qu’ils avaient plus de risques d’obésité à l’âge d’un an. Publiée mardi 6 juin, une étude américaine enfonce le clou: ce risque est avéré, et il subsiste tard dans l’enfance.

Deux fois plus d’obésité à 7 ans

Pour montrer cela, Yeyi Zhu, épidémiologiste au National Institute of Child Health and Human Development à Bethesda (Maryland), et ses collègues ont étudié 918 couples mère-enfant danois, dont 9,2% ont consommé des boissons édulcorées pendant leur grossesse à raison d’au moins une fois par jour. Ces mères avaient développé un diabète gestationnel, complication de grossesse affectant 16% des femmes à travers le monde.

Les enfants exposés in utero aux boissons édulcorées avaient 57% plus de risques d’être en surpoids à la naissance, et 93% plus de risques de souffrir d’obésité à l’âge de 7 ans, comparés aux enfants nés de mères qui n’avaient pas consommé de ces boissons pendant la grossesse. Il n’y avait pas de différence par rapport aux 9,3% de femmes ayant continué à boire quotidiennement des boissons sucrées, pourtant bien plus caloriques.

Selon les chercheurs, cet effet des boissons édulcorées pourrait s’expliquer par plusieurs mécanismes, observés chez l’animal: primo, les édulcorants pourraient modifier la flore intestinale, la rendant plus obésogène; deuxio, ils faciliteraient l’absorption du glucose par l’intestin; tertio, en stimulant les récepteurs du goût, les édulcorants pourraient désensibiliser le consommateur à la sensation de satiété, l’encourageant à manger plus.



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