Education: une culture du risque «par à-coups»

Le 30 janvier 2007 par Bérangère Lepetit
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Les chiffres révélés en janvier par l'Observatoire national de la sécurité des établissements scolaires et d'enseignement supérieur sont préoccupants: seules 2% des universités ont réalisé leur plan particulier de mise en sûreté.

24 mars 2006: une explosion d'origine indéterminée fait un mort et une blessée grave à l'Ecole nationale supérieure de chimie de Mulhouse (Haut-Rhin). Une quinzaine de personnes sont touchées. Le laboratoire, inauguré en 1977, était dédié aux risques industriels.

«Il faut un événement marquant pour qu'on focalise sur la sécurité, commente Jean-Marie Schléret, président de l'Observatoire national de la sécurité des établissements scolaires et d'enseignement supérieur. La tempête de 1999 a conduit à la circulaire de mai 2002 sur la mise en place des plans de sécurité. Puis l'attention est retombée…»

Et pour cause: selon le rapport 2006 de l'Observatoire, seuls 42% des établissements du second degré ont réalisé leur plan particulier de mise en sûreté (PPMS), rendu obligatoire par la circulaire de 2002, et seuls 65% des responsables d'établissement ont connaissance de cette circulaire. La réalisation d'exercices de mise en sûreté ne s'effectue que dans 12,8% des collèges et 8,1% des lycées. Et c'est sans parler de l'enseignement supérieur: même si 85% des établissements ont connaissance de la circulaire, moins de 2% des universités ont réalisé leur PPMS.

«L'idée plane que c'est «aux autres» de prendre en charge le risque, explique Robert Chapuis, le rapporteur général de l'Observatoire. Mais dès l'école, l'éducation à la sécurité et à la responsabilité est essentielle pour les jeunes. Ces connaissances pourraient leur servir pendant leur vie scolaire, universitaire, et professionnelle.»

Mais «l'école» a encore du travail à faire. Car partout, la légèreté semble de mise. Et la liste est longue. Près d'un quart des établissements du second degré n'ont pas réalisé les exercices d'évacuation obligatoires. «Les stockages de produits dangereux ne font pas l'objet d'une attention suffisante, surtout dans les collèges», note encore le rapport. 42% des collèges et 14% des lycées ne disposent pas d'armoire de stockage ventilée. 20% des lycées professionnels ne respectent pas l'obligation du port de la blouse et de lunettes de protection. 31% de l'ensemble des lycées ne disposent pas de salles de travaux pratiques (TP) équipées de ventilation obligatoire pour les polluants chimiques. 11% des établissements déclarent encore utiliser des cartouches de gaz malgré l'interdiction qui remonte à 1998. 64% des lycées professionnels ignorent la date de la dernière visite de l'inspection du travail.

Comme chaque année, l'Observatoire, qui n'a aucun pouvoir décisionnel, formule nombre des propositions: information des chefs d'établissements, désignation d'une personne ressource en charge des PPMS, création de stages de formation, mise en place d'une cellule sécurité pour tout projet d'aménagement dans le Supérieur. «Comme tous les ans, l'Observatoire demande la création d'un réseau de ressources sur la santé et l'environnement au niveau académique, en rappelant l'importance capitale des analyses environnementales pour la santé des élèves et des personnels fréquentant les établissements d'enseignement», relève également le rapport 2006. Un exemple: 50% des établissements ne savent toujours pas s'ils sont alimentés en eau par un branchement public en plomb. L'information serait pourtant intéressante pour évaluer le risque de saturnisme.




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