EDF présente son plan de sauvetage du nucléaire français

Le 13 décembre 2019 par Stéphanie Senet
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Le PDG d'EDF présente le plan exigé par l'Etat suite au rapport Folz
Le PDG d'EDF présente le plan exigé par l'Etat suite au rapport Folz

Présenté ce 13 décembre, le plan Excell d’EDF vise à redorer le blason du nucléaire après les nombreuses défaillances du chantier de l’EPR de Flamanville.

 

«Retrouver un niveau de rigueur, de qualité et d’excellence, prenant en compte l’ensemble des propositions de Jean-Martin Folz»... Chez EDF, l’heure est au profil bas, un mois et demi après la remise de l’audit du chantier de l’EPR de Flamanville par l’ancien patron du groupe PSA. Mal évalués, mal conduits, révélant des incompétences et des malfaçons... Les travaux du premier réacteur français de troisième génération ont fait l’objet de critiques sévères.

Mauvais feuilleton / Lancé en 2006 pour une entrée en service prévue en 2012 et un coût de 3,3 Md€, le chantier du premier réacteur français de troisième génération, à Flamanville, a multiplié les échecs. Son démarrage est désormais reporté à fin 2022, avec une facture rallongée à 12,4 Md€.

 

Un budget spécial de 100 M€

Ce 13 décembre, le PDG Jean-Bernard Lévy s’est voulu convaincant en présentant à la presse un plan d’amélioration baptisé « Excell », doté d’un budget spécial de 100 millions d’euros pour 2020-2021. «C’est un plan qui cherche à mettre en œuvre tous les moyens pour corriger les dysfonctionnements que nous avons constatés, notamment sur le chantier de Flamanville. La filière nucléaire française connaît des temps difficiles. Il nous faut lancer le sursaut», a-t-il affirmé.

 

Exigé par le gouvernement suite au rapport Folz, ce plan vise à redresser la barre du chantier de Flamanville mais aussi des deux chantiers d’EPR en cours à Hinkley Point au Royaume-Uni, et plus largement aux réacteurs actuels et futurs.

 

Les fournisseurs sous surveillance

Pilotée par un nouveau «délégué général à la qualité industrielle et aux compétences», qui sera «recruté dans l’industrie française mais pas dans le nucléaire», cette stratégie vise à mieux associer, sélectionner et contrôler les fournisseurs et s’appuiera sur «une qualification des procédés de fabrication» des pièces les plus sensibles et «des outils de traçabilité renforcés».

 

Des soudeurs mieux formés

Sans surprise, ce plan vise aussi à améliorer le recrutement et la formation des soudeurs, alors que les derniers dysfonctionnements observés à Flamanville proviennent justement de soudures défectueuses. Une Université des métiers du nucléaire est annoncée, en collaboration avec le Groupement des industriels français de l’énergie (GIFEN), avec l’objectif d’embaucher 5.000 techniciens (dont des soudeurs) dans les 3 ans. Une école de soudage nucléaire devrait aussi être créée dans le Cotentin au deuxième semestre 2020.

 

Un comité stratégique

Enfin, le dernier acte du plan de sauvetage repose sur la gouvernance. Jean-Bernard Lévy a annoncé qu’il présiderait «un comité stratégique chargé de valider les engagements financiers et d’approuver les principaux contrats» des grands projets. Un comité qui devra rendre des comptes au conseil d’administration d’EDF. L’avenir dira si ce pas nécessaire sera suffisant pour rétablir la confiance de la filière nucléaire française avec l’Etat.    

 


 



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