EDF: la maintenance des moteurs Diesel à la question

Le 14 mars 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Centrale du Tricastin.
Centrale du Tricastin.
DR

Le Journal de l’énergie publie des documents internes à Electricité de France (EDF) qui laissent penser que les moteurs destinés à alimenter les centrales nucléaires en cas de panne électrique générale seraient dans un état inquiétant. Faux, répondent en chœur l’ASN et EDF.

Les groupes électrogènes de nos centrales nucléaires sont-ils fiables? Selon le Journal de l’énergie, qui publie des documents internes à EDF, «tous les bilans des diesels de secours posaient problème en 2014. Ces systèmes de secours sont tous classés: ‘état à surveiller’, ‘état dégradéet ‘état inacceptable». Autrement dit, en cas de black-out du système électrique, ces moteurs diesel qui doivent permettre d’assurer «l’intégralité du réacteur de façon à limiter les conséquences des accidents vis-à-vis des populations» seraient bien en peine d’assurer leur mission. Et pas question de compter sur ‘les secours des secours’ (un groupe électrogène diesel «d’ultime secours» ou une turbine à combustion, selon la centrale), dont la «fiabilité globale (…) est considérée à surveiller’». A l’horizon, un désastre à la Fukushima, avec combustible en fusion et un impossible refroidissement.

Maintenance

Cette note destinée «à donner une vision claire de l’état de santé des systèmes pour l’ensemble des paliers du parc nucléaire dans le but d’améliorer la performance globale et la fiabilité sur le moyen-long terme» s’inscrit dans le cadre d’une démarche volontaire d’EDF, depuis 2010, pour structurer sa maintenance. Nom de code: AP913, que l’on retrouve en en-tête des documents internes publiés par Le journal de l’énergie. La qualité de la maintenance effectuée en interne par EDF y est évaluée et classée de correct à inacceptable. Parmi les paramètres évalués, on trouve l’état des moteurs, la vétusté des pièces, l’historique des pannes, les anomalies non résolues et la disponibilité des diesels. Ainsi, relève Le journal de l’énergie, «la majorité des bilans des diesels sont soit classés en ‘état dégradé’ (43,9%), soit en ‘état inacceptable (13,2%)».

 

Un scandale? Pas du tout, répond en substance l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) au Journal de l’environnement. «Ce n’est pas l’état de l’équipement au regard de sa sûreté, c’est avant tout un regard sur le dispositif de maintenance, explique Julien Collet, le directeur général adjoint de l’ASN. Quand un équipement est qualifié d’inacceptable, ça ne remet pas en cause sa capacité à remplir sa mission, mais cela rend compte des résultats obtenus en regard des ambitions d’EDF en matière de maintenance.» En clair, cette évaluation désastreuse porterait sur la qualité de la maintenance, pas sur la sûreté elle-même. Même si, reconnaît Julien Collet, l’une n’est pas indépendante de l’autre. «L’AP 913 est une démarche récente et ce document montre qu’il y a des efforts à faire. Cela permet à EDF de progresser en matière de maintenance.»

 

Même écho du côté de l’exploitant, qui parle de «maintenance préventive», sans aucun lien avec la disponibilité des moteurs de secours. «Dans ce document, on utilise à dessein un vocabulaire assez fort pour que les signaux faibles qui sont remontés soient pris en compte dans les programmes assez en amont, c’est-à-dire deux ou trois ans avant un arrêt de tranche ou un programme complémentaire», détaille EDF.

 

«Pour réduire son manque à gagner lié aux arrêts de réacteurs pour maintenance, EDF aurait donc fait des impasses sur l’entretien d’équipements de sûreté indispensable?», s’interroge de son côté le réseau Sortir du nucléaire. «Le système de défense de l’ASN est un peu bizarre, estime Martial Château. A partir du moment où on a un doute sur un appareil indispensable à la sûreté des réacteurs, il faut les arrêter.»

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus