EDF: l’Etat opte pour un sauvetage périlleux

Le 25 avril 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le sort de la centrale nucléaire de Fessenheim est presque scellé.
Le sort de la centrale nucléaire de Fessenheim est presque scellé.
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L’électricien pourra lancer une augmentation de capital dès 2018.

C’est finalement dans la soirée de vendredi 22 avril que les premiers résultats du conseil d’administration (CA) d’EDF ont été rendus publics. Pour faire face au mur d’investissements[1] de ces prochaines années, dans un contexte où le prix de gros de l’électricité ne cesse de baisser en Europe, l’énergéticien a été autorisé par l’Etat –son actionnaire à 85%– à réaliser une augmentation de capital. Celle-ci devrait avoir lieu en début d’année prochaine et permettre à l’entreprise de lever 4 milliards d’euros, dont 3 seraient apportés par l’Etat. Jusqu’à présent, c’était plutôt l’énergéticien qui finançait le Trésor en lui versant un bon milliard d’euros de dividendes par an.

Sans supprimer le moindre poste, Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, s’est également engagé à réaliser un milliard d’euros d’économie d’ici 2019. Ce serrement de vis supplémentaire ne remet toutefois pas en cause le programme initial d’économie qui prévoit toujours le départ ou le non-remplacement de 3.500 agents.

10 milliards de cessions

Comme annoncé le 16 février, lors de la présentation des comptes 2015, le groupe semi-public va céder pour 10 Md€ d’actifs. Le sort de l’exploration-production d’hydrocarbures de sa filiale italienne Edison paraît scellé. De même, les centrales au charbon polonaises. EDF devra céder une partie de sa pépite RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité. Certains observateurs estiment qu’il pourrait en être de même d’ERDF, la filiale chargée de la distribution.

Reste plusieurs grandes inconnues. Quid du projet très contesté de la centrale nucléaire de Hinkley Point? Pour apaiser la tension régnant pendant le CA, Jean-Bernard Lévy a promis de solliciter l’avis du comité central d’entreprise (CCE), doit se réunir très prochainement. Quoi qu’il en soit, la décision finale ne devrait pas être prise avant l’automne. Et non en mai, comme suggéré la semaine passée par le ministre de l’économie, Emmanuel Macron. Cela compromet un peu plus la capacité d’EDF Energy, filiale britannique du groupe, de mettre en service ses deux réacteurs EPR en 2025, comme prévu.

Financer les augmentations de capital

Autre interrogation: le sérieux coup de pouce étatique sera-t-il suffisant pour sauver l’entreprise? Ce n’est pas certain. Car, pour le moment, Bercy n’a pas le premier euro pour financer la recapitalisation d’EDF et d’Areva. Deux opérations dont le montant total atteint 9 Md€, dont 8 de capitaux publics.

Autre sujet d’inquiétude: les suites de la loi sur la transition énergétique. Adopté l’été passé, le texte impose, à moyen terme, l’abaissement à 50% de la part dévolue à l’énergie nucléaire dans la production d’électricité. Ce qui impose de fermer plusieurs tranches dans les prochaines années. Un sacré manque à gagner pour l’entreprise, dont le rythme et l’ampleur ne sont pas encore connus.

Ce lundi 25 avril, en ouverture de la Conférence environnementale, le président de la République a seulement indiqué que le décret abrogrant l'autrotisation d'exploiter la centrale de Fessenheim (initialement prévue avant la fin de l’année) serait publié avant 2017. La suite est plus floue. François Hollande a indiqué qu’il fallait que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) prenne position sur l’allongement de la durée des réacteurs de 900 MW. Un avis attendu pour 2018.

 



[1] Modernisation du parc nucléaire, déploiement du compteur communicant, construction de deux réacteurs EPR au Royaume-Uni, rachat de la division réacteurs d'Areva, financement du centre de stockage des déchets nucléaires à vie longue.

 



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