EDF-Engie: les énergéticiens présentent leur vision de la PPE

Le 23 mai 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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EDF ne souhaite pas exploiter tout son parc nucléaire pendant 60 ans.
EDF ne souhaite pas exploiter tout son parc nucléaire pendant 60 ans.
VLDT

 

Les deux géants français de l’énergie ont publié leur ‘cahier d’acteur’. Des visions où prédominent le nucléaire et le gaz.

 

Contrairement à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), les géants français de l’énergie ont choisi de se montrer discrets dans le débat public relatif à la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). En catimini, EDF et Engie ont envoyé leur ‘cahier d’acteur’ à la commission particulière. Deux documents qui reflètent des visions en partie divergente de notre futur énergétique.

Côté EDF, c’est neutralité carbone à tous les étages: une ambition élevée (pour 2050, certes) qui commande «d’utiliser tous les leviers possibles». A commencer par l’électrification du transport ou l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments. Mais cela ne suffira pas, prévient le groupe présidé par Jean-Bernard Lévy. Car pour obtenir la neutralité carbone, encore faut-il «obtenir la neutralité de l’énergie consommée».

nucléaire et renouvelable

Priorité est donc, bien sûr, donnée aux énergies renouvelables. Enfin, juste ce qu’il faut. Car l’opérateur historique ne croit pas -contrairement à l’Ademe- en la capacité du renouvelable de produire toute l’électricité et tout le gaz dont nous aurons besoin en 2050. Il faudra donc du… nucléaire.

Pas plus qu’aujourd’hui, rassure le groupe, car les nouveaux usages seront compensés par les économies d’énergie. Aujourd’hui, comme en 2028, le parc nucléaire tricolore continuera, bon an, mal an, d’injecter 400 térawattheures (TWh) et d’employer 200.000 personnes.

60 ans mais pas tout

Fessenheim et Flamanville exceptées, rien n’est censé bouger au cours des deux prochains quinquennats. C’est après que les choses évoluent. Même si le groupe se dit confiant en sa «capacité à exploiter en toute sûreté ce parc jusqu’à 60 ans», cela ne lui paraît pas «réaliste». Ne serait-ce que pour éviter l’effet falaise d’une fermeture d’un grand nombre de réacteurs en peu de temps.

En conséquence, il faudra compenser les fermetures, régulières, par la mise en service de nouvelles tranches. Ce seront des EPR ‘simplifiés’, dont le premier exemplaire devrait être mis en service en 2030, pour pouvoir assurer un changer de palier progressif jusqu’à 2050. Subvention, tarif d’achat ou emprunt: l’énergéticien ne précise pas comment il entend financer ces investissements.

 

Une PPE pro-nucléaire. Le débat sur la PPE intéresse les foules… sur internet. Le site de la Commission particulière du débat public a mis en ligne une centaine de cahiers d’acteur et de contributions. 40 de ces textes soutiennent l’atome, contre 3 qui s’y opposent. Les partisans des ENR sont, en revanche, plus nombreux que leurs détracteurs: 9 contre 4.

 

Changement d’horizon chez Engie. Contrairement à son concurrent électrique, le gazier national phosphore jusqu’à 2030. Et promeut, lui aussi, la rénovation du parc de logements (500.000 par an). Soutien numéro un à la baisse de l’énergie nucléaire, le groupe dirigé par Isabelle Kocher propose d’accélérer le développement de l’éolien (terrestre et marin) et du photovoltaïque.

Cycles combinés

Cette diversification doit véritablement viser «un mix énergétique plus équilibré entre l’électricité, le gaz et la chaleur». Ce qui implique, éventuellement, de construire de nouveaux cycles combinés à gaz et donc émetteurs de CO2.

le gaz contre l'électricité

Reprenant un argumentaire vieux de quelques années, Engie annonce pouvoir fortement verdir le gaz, via la méthanisation, le power to gas. L’ex-monopole rappelle que l’on peut réduire les émissions de particules des camions et voitures en les faisant carburer au GNV, voire à l’hydrogène. Ce dernier vecteur énergétique pouvant être le fruit de la production éolienne ou photovoltaïque.

 



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