EDF EN grand gagnant de l’appel d’offres éolien marin

Le 06 avril 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La turbine d'Alstom, grande gagnante elle aussi, de l'appel d'offres.
La turbine d'Alstom, grande gagnante elle aussi, de l'appel d'offres.

Comme annoncé par la presse depuis le début de la semaine, EDF énergies nouvelles (EDF EN) sort grand gagnant du second appel d’offres sur l’éolien marin, lancé par le gouvernement (le premier date de 2004).

Infirmant quelque peu les conclusions du rapport de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), le ministère de l’industrie a attribué au consortium dirigé par la filiale de l’opérateur historique français les sites situés au large de Saint-Nazaire (Côtes-d'Armor) (480 mégawatts), Fécamp (Seine-Maritime) (498 MW) et Courseulles-sur-Mer (Calvados) (450 MW). EDF EN et ses partenaires —Alstom, Nass & Wind et WPD Offshore et le géant danois Dong— raflent donc la part du lion (1.428 MW sur un total possible de 3.000 MW) et emportent un marché évalué, au bas mot, à 5 milliards d’euros.

«Les projets éoliens offshore du Consortium impliquent la construction de 4 usines Alstom, pour fabriquer l’ensemble des composants-clés de l’éolienne nouvelle génération Haliade 150, qui seront implantées à Saint-Nazaire et à Cherbourg (Manche). 5.000 emplois pérennes et qualifiés seront ainsi créés, dont 1.000 emplois directs. En parallèle, des sites pour la construction des fondations, l’assemblage des éoliennes et l’installation en mer seront implantés par le Consortium, ainsi que des centres d’exploitation-maintenance des parcs. Ce dispositif représente la création d’environ 2.500 emplois», rappelle EDF dans un communiqué.

Surprise, contrairement aux recommandations formulées par le régulateur des marchés français de l’énergie, c’est le groupe dirigé par Iberdrola qui est choisi pour équiper de 500 MW le littoral briochin. Certes, le géant basque n’est pas un amateur en la matière: il exploite plus de 10.000 MW de capacités éoliennes. Mais lui octroyer le site de Saint-Brieuc s’apparente à un coup de billard à bandes.

En invitant l’énergéticien basque au large des côtes bretonnes, le gouvernement évite de constituer un monopole EDF sur l’éolien marin. Iberdrola est aussi associé à des industriels français, comme Technip et Areva. Or la filiale éolienne du groupe public nucléaire n’entend pas seulement se contenter du marché tricolore pour développer une activité encore balbutiante. En faisant un galop d’essai avec le géant transpyrénéen, Areva espère bien être retenu par son grand partenaire pour ses gros projets britanniques, où plusieurs gigawatts de nouvelles capacités éoliennes marines sont, cette fois, en jeu.

Comme annoncé, en revanche, GDF Suez est le grand perdant de l’appel d’offres. Le groupe franco-belge ne décroche aucun des 4 sites pour lequel il avait fait acte de candidature, pas même celui du Tréport (Seine Maritime) (500 MW), où il était pourtant le seul candidat.

«La zone du Tréport n’a pas fait l’objet d’une concurrence suffisante, présente le prix d’achat de l’électricité le plus élevé parmi les 5 zones, et entraîne à elle seule une surcharge de l’ordre de 500 M€ pour la contribution au service public de l’électricité. De ce fait, afin d’éviter une augmentation inconsidérée des factures d’électricité, l’appel d’offres sur la zone du Tréport est déclaré sans suite», indique le ministère de l’industrie dans un communiqué.

Cet échec est presque un comble si l’on se souvient que ce projet a été porté, depuis 2005, par la Compagnie du vent, rachetée en 2007 par le groupe présidé par Gérard Mestrallet.

«La Compagnie du vent disposait d’une antériorité et d’un savoir-faire incontestables pour réaliser, dans les meilleures conditions techniques et financières, avec l’appui de son actionnaire majoritaire GDF Suez, cet ambitieux projet éolien offshore, selon l’organisation qu’elle avait elle-même mise au point depuis 2005. Le montage par lots, privilégié et coordonné par la Compagnie du vent en charge de l’ingénierie pour le compte de GDF Suez, aurait permis d’obtenir une meilleure rentabilité du projet et un tarif de vente de l’électricité plus compétitif, un des trois critères d’appréciation de l’appel d’offres du gouvernement. En privilégiant un montage clé en mains, excluant le leadership d’une société spécialisée dans l’éolien, GDF Suez a choisi une autre stratégie se privant d’un véritable savoir-faire. Elle a finalement bâti un projet plus coûteux qui n’a pas su convaincre. Ce différend stratégique est à l’origine de ma révocation de la Compagnie du vent. Aujourd’hui, ayant été écartée de l’appel d’offres, cette PME est fragilisée sur le plan économique et le projet essentiel sur lequel elle avait travaillé depuis des années ne verra pas le jour», constate Jean-Michel Germa, le créateur de la Compagnie du vent.

Comme prévu, le gouvernement devrait lancer le troisième appel d’offres éolien offshore dans le courant du second semestre.



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