EDF doit devenir «l’opérateur majeur de la transition énergétique»

Le 18 janvier 2016 par Yves Leers
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EDF devra sensiblement accroître ses investissements dans les ENR.
EDF devra sensiblement accroître ses investissements dans les ENR.
VLDT

EDF «ne doit à aucun prix passer à côté de la transition énergétique», a déclaré la ministre de l’écologie et de l’énergie à l’Assemblée nationale le 12 janvier en réponse à une question du député EELV Denis Baupin. Celui-ci s’inquiétait qu’EDF «envisage de produire 10 fois moins d’énergies renouvelables supplémentaires que ce qui est prévu par l’Etat dans sa programmation pluriannuelle».

EDF, a indiqué la ministre, «doit être l’opérateur majeur de la transition énergétique, compte tenu du poids de l’Etat en son sein. Aujourd’hui, EDF contribue à hauteur de 10% à 15% à l’installation des énergies renouvelables. Elle pourrait aller beaucoup plus loin», a ajouté la ministre qui reconnaît que l’entreprise «a restructuré sa gouvernance pour donner plus de poids aux énergies renouvelables». Dans le projet Cap 2030 qui sera présenté dans les prochains jours, Ségolène Royal entend «demander à EDF d’augmenter ses efforts en faveur des énergies renouvelables, ce qui lui permettrait aussi de conquérir des marchés internationaux. Il faut en tout état de cause favoriser les convergences avec les autres opérateurs français, afin que le mix énergétique tende vers l’objectif fixé par la loi de transition énergétique».

«L’entreprise a beaucoup évolué, notamment avec son nouveau dirigeant, et a déjà réformé sa gouvernance interne. Certes, il faut faire beaucoup plus, mais je suis sûre qu’au cours de l’année à venir, qui sera l’année de l’application de la COP 21, ce grand opérateur de l’énergie entrera plus volontairement, plus puissamment, dans la transition énergétique et dans les énergies renouvelables», a conclu la ministre qui juge qu’EDF doit aussi «participer à l’Alliance solaire internationale», décidée à la COP 21 en décembre à Paris.

Si EDF est peu présent en France dans le secteur des renouvelables, l’électricien est de plus en plus présent en Europe et dans le monde.

«NUCLEARITE AIGUE»

Selon Denis Baupin, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) «prévoit de manière ambitieuse l’installation de 25 gigawatts supplémentaires d’énergie éolienne et solaire en France d’ici 7 ans. Dans le même temps, l’entreprise EDF a annoncé qu’elle produira probablement 5 GW supplémentaires d’énergie éolienne et solaire en 15 ans –soit une période deux fois plus longue. Cela signifie, au total, qu’EDF envisage de produire 10 fois moins d’énergies renouvelables supplémentaires que ce qui est prévu par l’Etat dans sa programmation pluriannuelle».

Le député écologiste a ajouté que «de nombreux autres acteurs sont en train d’investir dans les énergies renouvelables en France. L’entreprise nucléaire chinoise CGN a par exemple prévu d’investir 1 milliard d’euros dans le solaire en France. L’entreprise canadienne Boralex, quant à elle, est en train d’investir dans 850 mégawatts d’énergie éolienne sur le territoire français».

«Si EDF ne prévoit pas d’investir dans les énergies renouvelables, c’est tout simplement que cette entreprise est frappée de ‘nucléarite’ aiguë. Elle veut investir 110 Md€ dans le ‘grand carénage’ du parc nucléaire, 35 Md€ dans la centrale nucléaire de Hinkley Point et 2,5 Md€ dans Areva. Il lui faudra par ailleurs provisionner 2 à 3 Md€ supplémentaires pour couvrir les surcoûts du projet Cigeo, tout cela sans compter l’EPR de Flamanville ni la construction de 30 à 40 EPR nouveau modèle que le PDG d’EDF a d’ores et déjà annoncée pour les décennies à venir», a conclu Denis Baupin.

Un rapport de Bloomberg New Energy Finance a indiqué récemment (JDLE du 15 janvier) que le niveau d’investissement dans les énergies renouvelables en France a chuté de 53% entre 2014 et 2015.

Alors que 19 pays de l’Union européenne sont en passe d’atteindre, voire de dépasser, leurs objectifs 2020, la France est à la traîne et a eu droit à un rappel de la Commission européenne en juin dernier. Son objectif pour 2020 est de 23%, mais elle plafonnait à 14,2% en 2013 quand la moyenne européenne était de 15%. Les choses ont tout de même évolué puisque, selon le Réseau de transport d'électricité (RTE), les énergies renouvelables ont couvert 19,3 % de la consommation électrique française du 1er juillet 2014 au 30 juin 2015.

 



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