EDF consent une grosse ristourne aux industriels électro-intensifs

Le 22 juillet 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Arbitre et actionnaire d'EDF, l'Etat a chapteauté les négociations entre l'électricien et ses clients.
Arbitre et actionnaire d'EDF, l'Etat a chapteauté les négociations entre l'électricien et ses clients.
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C’est typiquement le genre de deal qu’abhorre la Commission européenne. Lundi 21 juillet, EDF et les membres du consortium Exeltium ont annoncé la révision de leur accord hors norme de livraison d’électricité à long terme.

La production d'une centrale nucléaire

Initié en 2006, ce contrat lie le principal électricien français à un groupe de 27 industriels gros consommateurs d’électricité[1]. Moyennant le versement initial de 1,7 milliard d’euros, le contrat prévoit qu’EDF mette à disposition de la centaine de sites français appartenant aux actionnaires d’Exeltium l’équivalent de la production d’un réacteur nucléaire pendant… 24 ans. Le tout à prix fixe.

Problème, en 4 ans, les conditions économiques ont évolué. Il y a 8 ans, le prix du mégawattheure était fixé à 50 €. Or, avec la baisse de la demande, le marché a tiré les prix vers le bas. De plus, depuis 2011, la loi Nome oblige EDF à céder le quart de sa production nucléaire au tarif régulé de 42 €/MWh; c’est l’«accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh). Bref, les membres d’Exeltium ont fini par payer leur courant plus cher que s’ils l’avaient directement acheté sur les bourses européennes ou aux concurrents d’EDF ayant accès à l’Arenh.

Après des mois de négociations, chapeautés par les pouvoirs publics (à la fois arbitres et actionnaires majoritaires d’EDF), les 27 aciéristes, papetiers, fondeurs d’aluminium, chimistes, producteurs de gaz industriels ont obtenu du groupe dirigé par Henri Proglio qu’il baisse de 20% son prix forfaitaire. Etant entendu que cette offre tarifaire pourra être revue à la hausse en cas de retournement du marché.

Un contrat de 24 ans

Les autres paramètres du contrat, comme sa durée de 24 ans et le volume livré (148 térawattheures sur la période), restent inchangés, de même que son principe: offrir une visibilité de long terme aux entreprises réunies dans le consortium, avec un prix compétitif sur l'ensemble de la période, tout en permettant à EDF de partager une partie de ses coûts de production dans la durée.

A ces contrats à long terme, liant producteurs et consommateurs, Bruxelles préfère évidemment les offres de marché ou des accords à court terme, censés favoriser la libre concurrence. Après l’ouverture d’une enquête, en 2007, Bruxelles avait obtenu d’EDF en 2010 qu’elle permette aux membres d’Exeltium de rompre leur accord au bout de 5 ans. Désormais, ils peuvent aussi renégocier les prix.



[1] Ahlstrom, Air Liquide, ArcelorMittal, ArjoWiggins, Arkema, Befesa, Clairefontaine, Suez Environnement, ENI, Eramet, Gascogne Paper, Ineos, Isover, Linde, Solvay, Munksjö Labelpack, Norske Skog, Nyrstar, Omya, Rio Tinto Alcan, Roquette, SPCH, Tessenderlo Chemie, Total, Vencorex

 



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