EDF : après le solaire, le stockage

Le 27 mars 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Alexandre Perra, patron du programme stockage d'électricité d'EDF.
Alexandre Perra, patron du programme stockage d'électricité d'EDF.
VLDT

 

L’énergéticien entend tripler ses capacités de stockage d’électricité en 18 ans. Un objectif qui n’intéresse pas seulement le marché français.

Cela paraît assez cohérent. Un peu plus de trois mois après avoir présenté l’esquisse de son ambitieux plan solaire, EDF sort son indispensable complément: le plan stockage électrique.

Son principe est clairement énoncé par le PDG du groupe: la décarbonation totale de l’électricité passe par une alliance entre l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables. La production de ces dernières étant le plus souvent intermittente, il faut donc accroître les capacités de stockage d’électricité pour stabiliser le réseau et mettre en adéquation production et consommation. «Le stockage recèle un fort potentiel pour accélérer la transition énergétique», poursuit Jean-Bernard Lévy.

10 GW + 5 GW

Et accélération, il y aura. Ce qui n’exclut pas une certaine prudence. D’ici à 2035, l’opérateur historique va donc mettre en batterie 10 gigawatts (GW) de capacité de stockage supplémentaire, qui s’ajouteront aux 5 GW des stations de transfert d’énergie par pompage (Step) déjà en service. Montant du chèque: 8 milliards d’euros.

De quoi, a priori, soutenir les 30 GWc de capacités photovoltaïques que doit raccorder l’énergéticien dans l’Hexagone d’ici 2035. Pas tout à fait, en fait.

Comme l’indique Alexandre Perra, patron du programme stockage, EDF vise trois marchés distincts: les gestionnaires de réseaux d’électricité avec le lissage de l’intermittence, les consommateurs souhaitant développer l’autoconsommation d’énergie solaire (particuliers, entreprises ou collectivités) et les usagers non raccordés aux réseaux (offgrid).

Choix régulatoires

C’est ce dernier segment de marché qui met la puce à l’oreille. Non, le plan d’EDF n’est pas seulement franco-français. «Il est difficile de savoir quelle sera la part réservée au marché français, confirme Alexandre Perra, tant les opportunités sont nombreuses dans le monde. Tout dépendra des choix régulatoires.» La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en cours prévoit tout de même que soit lancée d’ici à 2023 la construction de Step pour 1 à 2 GW de capacité. Lesquelles devront être opérationnelles avant 2030. Et pourquoi pas sur la Dordogne?

Pour le reste, on verra. Mais EDF prévoit tout de même de distribuer 1,2 million de kits photovoltaïques en Afrique pendant la durée de son plan. Près de Nottingham (Royaume-Uni), EDF EN s’apprête à inaugurer un site de stockage de 49 mégawatts (MW), destiné au soutien du réseau de transport.

Pas de technologie de référence

Côté technologie, c’est là aussi le grand flou. Certes, le prix des batteries a été divisé par 5 entre 2010 et 2017, rappelait récemment Bloomberg New Energy Finance. Mais les chercheurs n’excluent pas encore une division par deux des coûts de stockage dans les prochaines années. Reste à trouver les meilleures technologies et les meilleurs montages financiers. Raison pour laquelle EDF injecte 70 M€, d’ici à 2020, dans ses programmes de recherche.

Recherche et partenariats

Dirigée par Michel Vanhaesbroucke (ex-Engie), EDF Nouveaux Business va également consacrer 15 M€ aux projets et start up liés au stockage et à la flexibilité des réseaux. EDF travaille aussi en partenariat avec des constructeurs automobiles (Toyota et Renault). But de l’opération: collecter les futures batteries des véhicules électriques pour réaliser de nouvelles stations de stockage d’électricité.

L’énergéticien financera-t-il l’intégralité de son programme? «Nous aurons une approche pragmatique: il y aura des cas où nous serons propriétaires des installations et d’autres où l’on pourra envisager des partages de production», répond Jean-Bernard Lévy. Une approche plus souple que pour le plan solaire, dont EDF n’entend régler que 10% du montant d’une facture de 25 Md€.



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