Economiser l’électricité, c’est possible

Le 05 juillet 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les affiches ventant les gestes qui économisent ont fait leur apparition.
Les affiches ventant les gestes qui économisent ont fait leur apparition.

Comme le démontre le dernier rapport de l’Agence internationale de l'énergie (AIE), à confort égal, il est possible de réduire sensiblement nos consommations d’électricité. Ce qui n’est obligatoire qu’au Japon, en période de crise.

Depuis le 1er juillet 2011, les entreprises des agglomérations de Tokyo, Kyoto, Osaka déploient des trésors d’imagination pour réduire leur consommation d’électricité. En vertu d’une loi de 1964, le gouvernement nippon les oblige à réduire de 15% leur demande d’électrons, entre 09 h et 20 h, et ce jusqu’au mois de septembre. Les contrevenants sont passibles d’une amende de 10.000 euros par heure de trop consommé.
 
Cette mesure est la seule parade possible à l’indisponibilité de nombreux moyens de production, suite à la catastrophe du 11 mars dernier. En début de semaine, seuls 19 réacteurs (sur les 57 en service au Japon) étaient en fonctionnement.
 
Les bureaux fonctionnent donc avec moitié moins d’éclairage. Les jours où la climatisation est coupée, les salary men peuvent venir travailler sans cravate.
Dans certaines usines, les climatiseurs ne se déclenchent qu’au-delà de 28°C.
 
Bref, on se débrouille comme on peut pour équilibrer la demande de courant à la production possible. Et cela semble plutôt bien fonctionner. Les Japonais ont, il est vrai, déjà connu ce genre de restriction.
 
En 2003, le manque de centrales disponibles avait conduit Tokyo à restreindre la demande. En quelques jours, celle-ci avait d’ailleurs fondu de plus de 5%.
 
Un exemple qu’il convient de méditer, estime l’Agence internationale de l’énergie. Dans un rapport publié ce matin, l’agence de l’OCDE souligne tous les avantages de la maîtrise de la demande d’électricité (MDE).
 
L’électricité, on le sait, ne se stocke pas directement. A tout moment, l’offre (la production) doit donc être égale à la demande (la consommation). Faute de quoi, le système électrique s’effondre.
 
Or, les coupures ne sont pas indolores. Les économistes de l’AIE rappellent que la piètre qualité de l’électricité pakistanaise coûte chaque année plusieurs milliards de dollars au «pays des purs». En 2003, le grand black out, qui a plongé dans le noir une partie de l’est des Etats-Unis et du Canada, a fait reculer de 0,3% le PIB canadien.
 
Mauvaises pour le business, les coupures d’électricité sont aussi désastreuses pour l’environnement. Car, pour se prémunir des ruptures d’approvisionnement, les gros consommateurs (ou ceux qui ne peuvent voir leurs activités s’arrêter, comme les hôpitaux) s’équipent de groupes électrogènes, souvent très polluants.
 
Or, les besoins en électrons progressent partout. Selon les projections de l’AIE, 16.600 milliards de dollars devront être investis au cours des 25 prochaines années, dans le secteur, pour accompagner la hausse de la demande: 2%/an.
 
A moins, bien sûr, que l’on ne réduise ce rythme de croissance, par la MDE. Une méthode qui a fait ses preuves. Pour preuve: Juneau. La capitale de l’Alaska n’est alimentée que par une seule ligne à haute tension qui véhicule le courant produit par un barrage situé à une soixantaine de kilomètres. En 2008, la neige fit tomber la ligne. Les groupes Diesel prirent le relai, en produisant un kWh 5 fois plus cher que celui issu du barrage. Pour éviter l’envolée des factures, la municipalité mena une intense campagne de promotion des gestes qui «économisent»: douches plus courtes, pas de séchage électrique des vêtements, baisse de la température ambiante, etc. En 6 semaines, la consommation baissa de 40%. Trois ans plus tard, la demande de courant des habitants de Juneau est inférieure de 25% à ce qu’elle était avant l’incident.
 
En Afrique du Sud, où il est moins cher d’éviter de consommer que de construire de nouvelles centrales, ce sont les grosses industries (qui utilisent plus de la moitié du courant) qui ont été mises à contribution. Pretoria les oblige à réduire de 10% leur demande de pointe. Par la télévision, la radio et des alertes sur l’Internet, la population est invitée à réduire son éclairage ou la climatisation lorsque les marges de production sont faibles.
 
Sachant qu’aucun pays n’est à l’abri de coupures, rappelle l’AIE, il est donc urgent de renforcer la chasse au Gaspi. C’est un peu ce que recommande la future directive européenne sur l’efficacité énergétique, présentée fin juin [JDLE]. Quel dommage, néanmoins, que ses mesures les plus efficaces restent facultatives.  


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