Economie circulaire: la stratégie des Pays-Bas

Le 30 octobre 2013 par Stéphanie Senet
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Première cible: les équipements électriques
Première cible: les équipements électriques

Alors que le premier rapport sur les perspectives de l’économie circulaire ne sera pas livré, en France, avant juin 2014, une nouvelle étude venue des Pays-Bas éclaire ses enjeux et préconise un plan national qui dégagerait 7 milliards d’euros de bénéfices par an.

Comme l’a récemment rappelé le commissaire européen en charge de l’environnement, Janez Potocnik, tous les Etats membres de l’Union européenne doivent rapidement prendre des mesures améliorant l’efficacité de l'utilisation des ressources. Les Pays-Bas pourraient montrer l’exemple puisqu’ils ont déjà mis en place plusieurs accords sectoriels.

 

«Des dizaines de Green deals ont été conclus entre le gouvernement ou des autorités municipales avec les entreprises produisant des matières recyclées, comme le bois, le béton ou le phosphate, pour pérenniser les filières avec des engagements d’approvisionnement», expliquait en juin Frederik Olthof, en charge des affaires économiques à l’ambassade des Pays-Bas, lors d’un colloque organisé à Paris par l’Institut de l’économie circulaire.

 

Aujourd’hui, une nouvelle phase a été lancée par Amsterdam, avec la publication d’un rapport commandé par le ministère de l’environnement. Réalisé par le centre de recherche TNO (The Netherlands Organisation for Applied Scientific Research, une émanation du Parlement néerlandais), cet opus lève le voile sur le potentiel de ressources perdues par les Pays-Bas. Et offre les pistes d’une stratégie nationale à mettre en place.

 

Environ 7 Md€ de bénéfices annuels

 

La première partie de ce rapport de 125 pages s’intéresse particulièrement aux produits électriques et métalliques. Elle estime qu’un plan en faveur de l’économie circulaire permettrait de dégager un bénéfice annuel de 3,3 Md€ pour 17 familles de produits (ordinateurs, téléphones, téléviseurs, batteries, machines à laver, réfrigérateurs, radiateurs, etc.). Le plan se base sur la réparation, la réutilisation des produits ou de leurs composants, et leur recyclage.

Ce qui est intéressant, c’est que ce pays agricole peut doubler la mise avec ses seuls déchets. Les chercheurs ont ainsi identifié 34 flux de résidus agro-alimentaires (maïs, sucre, pommes de terre, oignons, etc.) pouvant être valorisés, pour un montant annuel de 3,5 Md€. Avec un investissement dans les nouvelles technologies (notamment la méthanisation) compris entre 4 et 8 Md€ par an, les Pays-Bas pourraient accroître cette manne de 1 Md€. Pour rappel, Amsterdam recycle déjà 78% de ses déchets ménagers, en incinère 19% et enfouit les 3% restants.

 

Au total, TNO conclut que La Haye pourrait accroître son PIB de 7,3 Md€ par an, et créer 54.000 emplois. Sur le plan environnemental, TNO a évalué à 747.000 tonnes équivalent CO2 la réduction annuelle de ses émissions carboniques (soit 9,7% de ses émissions actuelles). Pour cela, 9 mesures-clés ont été identifiées.

 

Un plan national, des mesures locales

 

Non révolutionnaires –ces décisions sont largement inspirées du plan de la Fondation Ellen Mac Arthur en faveur de l’économie circulaire en Europe-, elles ont toutefois le mérite d’être précisées. TNO estime ainsi qu’un plan national doit constituer la pierre angulaire du dispositif. Plus précisément, celui-ci doit fixer les mesures à l’échelon départemental, avec son lot de mesures incitatives financières et fiscales. Il doit aussi permettre de développer la recherche, en particulier sur les technologies de production du biogaz, sur le recyclage du phosphate, et sur l’éco-design des produits (favorisant leur réemploi et leur recyclage). Sans oublier d’évaluer les règles juridiques favorisant et freinant le déploiement d’une économie circulaire.

 

La connaissance des potentiels de chaque chaîne de matériaux dits secondaires doit aussi progresser. Relevant de la responsabilité des producteurs, cette information –encore balbutiante- doit être encouragée par les pouvoirs publics et pourrait donner naissance à un «passeport produit» généralisé.

 

L’Etat doit montrer l’exemple

 

Enfin, le rapport recommande au gouvernement de multiplier les échanges avec plusieurs pays, comme l’Allemagne, qui a mis en place une agence sur les matériaux et les ressources (Dera), ou la Suède, qui a lancé des recherches sur le recyclage des équipements électroniques. Et de montrer l’exemple en consommant, le premier, des matériaux recyclés et éco-conçus. Autant de pistes applicables intéressantes pour l’Hexagone.



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