Economie circulaire: l’Europe transforme les biodéchets en engrais

Le 18 mars 2016 par Marine Jobert
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De la poubelle au champs.
De la poubelle au champs.

Première marche du paquet ‘Economie circulaire’, le règlement vise à traiter boues d’épuration, déchets biodégradables, farines animales et fumiers sur un pied d’égalité avec les engrais chimiques.

On pourra bientôt épandre dans les champs, aux mêmes conditions que les engrais inorganiques traditionnels, des boues d’épuration, des déchets biodégradables, des farines de viande et d’os ou du fumier labellisés CE. Ces biodéchets font l’objet d’un règlement européen, qui vise à encourager l'utilisation des engrais organiques et à base de déchets. Ce réemploi de matières premières actuellement éliminées en tant que déchets est l’un des principes essentiels du paquet Economie circulaire adopté en décembre 2015 par la Commission. A terme, l’ambition est de remplacer jusqu’à 30% des engrais inorganiques par des biodéchets.

6 millions de phosphate par an

«Une toute petite partie des abondantes ressources de biodéchets est transformée en fertilisants utiles, constate Jyrki Katainen, vice-président de la Commission européenne chargé de l’emploi, de la croissance, de l’investissement et de la compétitivité. Nos agriculteurs utilisent des engrais fabriqués à partir de ressources importées ou au moyen de procédés à forte intensité énergétique[1], bien que notre industrie puisse valoriser ces biodéchets en les transformant en nutriments recyclés.» Un tiers des quelque 6 millions de tonnes de phosphates importés par an en Europe pour produire des engrais pourrait ainsi être évité. Le nouveau règlement vient également rectifier une dramatique lacune de la réglementation de 2003 actuellement applicable aux engrais, qui est «muette sur les problèmes environnementaux dus à la contamination des sols, des eaux intérieures, des eaux maritimes et, au final, des denrées alimentaires par les engrais».

Contaminants règlementés

Le règlement est de facture classique (sécurité, qualité, étiquetage). Les fabricants devront démontrer que leurs produits ne dépassent pas les valeurs limites fixées pour les contaminants organiques, les contaminants microbiens et les impuretés physiques avant d’y apposer le marquage CE. La limite pour la teneur en cadmium des engrais phosphatés est abaissée de 60 milligrammes par kilo à 40 mg/kg après trois ans et à 20 mg/kg après douze ans. Il appartient maintenant au Parlement et au Conseil de se saisir du texte.

 

 



[1] 2% de l’énergie mondiale y est consacrée.

 



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