Ecologie: les loupés de la campagne présidentielle

Le 18 avril 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Au fait, avez-vous répondu au sondage du JDLE ?
Au fait, avez-vous répondu au sondage du JDLE ?
JDLE

Jamais les candidats à la magistrature suprême n’avaient autant truffé leur programme d’environnement. Ce qui ne veut pas dire qu’ils aient bien compris de quoi il s’agissait.

 

«Ça progresse!» Ce commentaire d’un bon observateur de l’environnement français en dit long sur cette campagne présidentielle. Au crédit des 11 candidats, la présence des sujets environnementaux dans tous les programmes. En cela, les politiques de premier plan -et leurs compétiteurs des divisions inférieures- ont effectivement évolué dans le bon sens.

France verte

Et certains sujets semblent désormais faire consensus, telles les énergies vertes. On est loin des propositions de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande qui, en 2012, promettaient de tout faire pour «développer les énergies renouvelables». Cette fois, c’est du sérieux. Reprenant les calculs d’ONG ou de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), certains imaginent une France débarrassée du carbone et s’alimentant totalement en énergie du soleil, du vent ou de la biomasse au milieu du siècle. Un rythme que bon nombre de professionnels de ces énergies jugent totalement irréaliste.

Révolution manquée

Bien peu, en revanche, ont compris les enjeux de la révolution en cours, cette alliance du numérique et du photovoltaïque dont les coûts ne cessent de diminuer. Aucun candidat ne vous parlera d’une société où chacun (ou presque) produira son électricité pour la vendre à ses voisins. Dommage, car cela permettrait d’apprécier, plus justement qu’en voulant prolonger la durée de vie de ses centrales, l’avenir du groupe EDF.

Jadis inexistante, la précarité énergétique existe dans certains programmes. Mais au vu des mesures proposées, il est probable qu’elle devienne un sujet majeur lors du prochain scrutin présidentiel.

Sécurité sociale

La mauvaise qualité de l’air urbain tricolore commence à contaminer les esprits des rédacteurs de programme. Hélas, c’est pour mieux vendre (mais pas trop vite quand même) voitures électriques et hybrides. Personne, là encore, n’estime qu’en diminuant rapidement la morbidité et la mortalité imputables aux pots d’échappement et aux pneumatiques, on réduit par milliards les dépenses de la sécurité sociale, l’un des grands enjeux de cette campagne.

Avenir de l’agriculture

La biodiversité, on en parle parfois. Certains veulent en confier la gestion aux chasseurs, grands écologues devant l’éternel scientifique. D’autres recommandent surtout d’appliquer la loi Pompili. Sans forcément débloquer les fonds qui permettraient à l’Agence française pour la biodiversité (AFB) de remplir ses missions. Personne pour rappeler aux électeurs que la préservation de la biodiversité, c’est, outre la protection des espèces, l’avenir de notre agriculture, de nos espaces marins ou de la lutte contre le réchauffement climatique. Des détails, je vous l’accorde.

Pas que le recyclage

L’économie circulaire fait ses débuts en campagne électorale. La plupart des candidats n’en disent que du bien. Mais en n’y voyant qu’une appellation nouvelle du recyclage, au pire; de l’écologie industrielle, au mieux. Quel candidat pour engager les industriels à réduire significativement les consommations de matières premières, à produire des appareils à longue durée de vie, facilement réparables et recyclables? Ne cherchez pas.

Plus d’un milliard de terriens n’ont pas d’accès quotidien à une eau potable de qualité. Avec le réchauffement climatique, ce chiffre terrible est appelé à doubler dans les prochaines années. Avec les conséquences que l’on peut imaginer en termes de migrations, de sécurité internationale et de protection de nos frontières.

 



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