Ecolabel, le mal-aimé

Le 28 mars 2007 par Bérangère Lepetit
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ECOLABEL
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Qui connaît l'écolabel européen? En France, seulement 12% de la population. D'où le peu d'intérêt des industriels qui ne voient pas l'utilité de se faire labelliser.

Cette petite fleur bleue et verte aux 12 pétales en forme d'étoile pousse depuis quelques temps sur certains produits courants comme les lessives, la peinture, la papeterie. Mais selon des études de 2006 (1), seuls 12% des Français et 11% des Européens peuvent l'identifier. L'écolabel européen existe pourtant depuis 1992 et a fait l'objet de nombreuses campagnes de promotion dans les différents Etats de l'Union européenne (UE), dont la fameuse «Flower week» du mois de décembre. Rien n'y fait.

En France, selon une étude Ipsos réalisée pour l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), si le label NF environnement a gagné en notoriété depuis 2000, passant de 5 à 17% de connaisseurs, l'écolabel occasionnerait plutôt des trous de mémoire puisque les Français étaient 13% à le reconnaître en 2000…. Comment expliquer cette absence de succès? «Un manque de promotion, un manque de présence dans les enseignes de grande distribution, un manque d'intérêt de la distribution qui ne voit pas l'atout commercial de l'écolabel…», résume Blanca Morales, qui coordonne les activités du Bureau européen des unions de consommateurs(Beuc) et du Bureau européen de l'environnement (BEE).

Pour rappel donc, l'écolabel est commun à tous les Etats membres de l'UE. Ses objectifs sont de «promouvoir l'utilisation de produits ayant une incidence moindre sur l'environnement pendant tout leur cycle de vie» et de «mieux informer les consommateurs des incidences qu'ont les produits sur l'environnement, sans pour autant compromettre la sécurité du produit ou des travailleurs». Pour le consommateur, cela ne signifie pas forcément que le produit labellisé est le plus écologique du marché. La seule garantie offerte par le label est le respect de critères écologiques définis au niveau européen.

L'écolabel peut s'appliquer à toute catégorie de produits, exception faite des denrées alimentaires, des boissons et des produits pharmaceutiques. Actuellement, 24 catégories de produits peuvent recevoir cette mention (2), allant des services d'hébergement touristiques, aux appareils ménagers, produits de nettoyage et matelas, aux fournitures de bureau et aux articles de jardinage et de bricolage. Selon Patricia Proïa, responsable du pôle environnement de l'Afnor, l'organisme français de certification, le référentiel est révisé tous les 5 ans afin de rendre les critères d'attribution plus stricts.

Détail d'importance: comme tout label, la labellisation «écolabel» est volontaire, le producteur qui désire faire labelliser ses produits les soumet à l'évaluation. Et c'est là que le bât blesse: les industriels ne sont pas foule à souhaiter orner leurs produits de la petite fleur européenne. Seules 10 catégories de produits sur les 24 labellisables sont actuellement labellisées. «Certaines catégories, comme les chaussures ou l'électroménager où l'écolabel est en concurrence avec d'autres certifications, n'intéresseront sans doute jamais les industriels. En revanche, certains types de produits, comme les peintures, le papier ou les engrais, comptent de nombreux titulaires», précise Patricia Proïa. «C'est le marché qui amène les industriels à se labelliser, poursuit-elle. Certains distributeurs, comme Auchan ou Carrefour, ou certains acheteurs publics, exigent l'écolabel dans leurs appels d'offre ou demandent à leurs fournisseurs d'être certifiés ‘écolabel'. Pour ne pas perdre ces débouchés, les producteurs se plient à ces exigences.» Depuis 1992, d'ailleurs, l'Afnor n'a jamais eu à refuser la certification. Et pour cause, les industriels ne déposent leurs dossiers que lorsqu'ils sont sûrs que leur produit remplit bien les critères.

L'Ademe, chargée de la promotion de l'écolabel avec le ministère en charge de l'environnement, mise sur un regain de succès et de notoriété de la fleur européenne et se concentre sur les aspects positifs. Dans la catégorie «détergents» par exemple, les titulaires sont passés de 12 à 23 depuis 2000. Quant aux chiffres d'affaires des usines qui possèdent le label, ils atteignaient à peine 50 millions d'euros en 1998 mais culminaient à plus de 800 millions d'euros en 2005, insiste l'Ademe.

Reste que, si l'écolabel connaît un succès si mitigé auprès du grand public, il ne risque pas de conquérir de nouveaux adeptes auprès des producteurs. Où trouver, donc, l'explication? En partie dans une enquête menée en 2004 auprès des consommateurs belges par le Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs (Crioc). L'étude révèle qu'un consommateur sur trois déclare que la présence d'un label est un critère important dans la décision d'achat. Mais, précise le Crioc, les consommateurs repèrent plus souvent le label d'un produit alimentaire que d'un produit non alimentaire.



(1) Etude Ipsos «Attitudes et comportements des Français face à l'environnement» (juin 2006) portée par l'Ademe et Eurobaromètre de la Commission européenne, réalisée en novembre et décembre 2006 à l'occasion de la «Flower week»

(2) Liste des produits et catégories labellisables en lien




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