Eco-urbanisme: les architectes veulent être créatifs, pas normatifs

Le 06 juin 2008 par Victor Roux-Goeken
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green building
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L’ordre national des architectes estime que l’approche énergétique du bâtiment n’est pas la solution. Ses membres redoutent que l’établissement de normes de construction bride leur créativité et tue l’originalité des projets, tels que les éco-quartiers.

Pour Lionel Dunet, président de l'ordre des architectes, «le Grenelle de l'environnement a donné de l'importance au cadre bâti, à l'étalement urbain et donc aux questions d'énergie. Nous avons peur qu'il débouche uniquement sur une logique de performance thermique et énergétique du bâtiment». Selon les architectes, réunis lors d'un débat jeudi 5 juin, le fait que le bâtiment ait été placé, pendant les tables rondes du Grenelle, sous l'intitulé «énergie et changement climatique», est une confirmation de leurs craintes.

L'ordre des architectes ne veut donc pas de normes et souhaite sortir de la «forêt de labels» à l'oeuvre dans le secteur du bâtiment. Ceci afin que la normalisation ne tue pas la créativité. Raison pour laquelle l'ordre avait quitté l'association Haute qualité environnementale (HQE), en 2005, a rappelé Patrice Genet, conseiller national et président de la commission développement durable de l'ordre des architectes. «L'association avait une approche trop environnementaliste et technicienne, entretenant une illusion normative.»

«Nous aimerions que Jean-Louis Borloo ne laisse pas passer une normalisation technocratique et rigide quand, dans le même temps, les maisons à 100.000 euros et celles à 15 euros par jour prennent uniquement en compte la question des coûts initiaux et ne résolvent ni l'étalement urbain, ni les 2 voitures nécessaires aux personnes qui se feront duper par cette initiative», lance Robert Lion, président de l'ONG Agrisud international et ancien directeur de la Caisse des dépôts et consignations.

Au contraire des architectes, l'absence d'objectif clair en matière de construction inquiète les associations. Les Amis de la terre dénoncent l'abandon, dans le projet de loi Grenelle I, de l'objectif de 80 kilowattheures par an et par mètre carré pour l'existant. Christophe Aubel, directeur et porte-parole de la ligue ROC, est «en colère car tout ce qui est objectif chiffré de mitage urbain a été supprimé du projet de loi». Il déplore le refus de la norme, de la part des architectes. «Souvent, on pense que ceux qui disent ‘refus de norme' veulent dire ‘pas de contraintes'». Le WWF, de son côté, a dressé une liste des 10 priorités (1) à réunir pour concevoir des éco-quartiers.

Une «manie bien française», selon Lionel Dunet, qui estime que les éco-quartiers ne doivent pas être normalisés. Reste aussi à «réhabiliter la densité», selon Robert Lion, afin d'accroître l'efficacité des transports en commun, inefficaces en milieu diffus. Quoi qu'il en soit, ces réflexions concernent essentiellement le bâti neuf, dont le taux de construction, par rapport au parc existant est compris entre 1 et 1,5% par an.



(1) Zéro carbone d'ici 2015, zéro déchets y compris pendant le chantier, transports doux et baisse de la demande, matériaux et alimentation durables, gestion durable en eau, réduction de l'imperméabilisation des sols, maintien ou création des trames vertes pour la biodiversité, bien-être des habitants, identité locale, développement économique local.




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