Eco-taxe: Ayrault prépare la sortie

Le 28 octobre 2013 par Stéphanie Senet
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Suite du feuilleton mercredi
Suite du feuilleton mercredi

Alors que les opposants à l’éco-taxe poids lourds ont de nouveau crié leur mécontentement, le 26 octobre, lors d’une manifestation violente organisée par des paysans et des transporteurs près du portique de Pont-de-Buis (Finistère), le gouvernement réfléchit à une sortie de crise.

Le ministre de l’agriculture a en effet présenté, ce 28 octobre, plusieurs propositions au Premier ministre, pour apaiser les tensions, alors que l’éco-taxe doit s’appliquer dès le 1er janvier 2014, après de multiples reports. «Je comprends l’exaspération en Bretagne et je trouve tout à fait normal de manifester, mais pas de cette façon-là», a déclaré Stéphane Le Foll. La colère a d’ailleurs dépassé le secteur agricole puisque le Groupe des fédérations industrielles (GFI) a également demandé, ce 28 octobre, l’ajournement de l’éco-taxe.

 

Arbitrage du Premier ministre

«Jean-Marc Ayrault devrait rendre public son arbitrage avant son départ pour la Russie, le 30 octobre au soir. L’évolution du dispositif proposée par Stéphane Le Foll ne concerne pas seulement la Bretagne», indique seulement le cabinet du ministère de l’agriculture, alors qu’une nouvelle manifestation est prévue pour le 2 novembre à Quimper. Le ministre de l’économie et des finances, Pierre Moscovici, a quant à lui rappelé le 27 octobre que l’éco-taxe s’appliquerait bien à partir du 1er janvier 2014.

 

Exceptions bretonnes

Selon l’actuel dispositif, la Bretagne bénéficie déjà d’un tarif régional réduit de moitié, et d’exonérations applicables au transport de lait et à la RN164 (l’une des principales routes régionales du réseau taxable). Selon Jean-Vincent Placé, patron des sénateurs écologistes, cette taxe devrait coûter 42 millions d'euros à la région mais lui rapporter 135 M€ en matière de transport et de qualité des routes. «Si le gouvernement cède, il ne faudra pas s’étonner qu’il n’y ait plus d’autorité sur rien», a rajouté le parlementaire. Au niveau national, cette mesure fiscale doit rapporter 1,2 Md€ par an dès l’an prochain.

 

«Un bouc émissaire»

Pour Pascal Durand, secrétaire nationale d’Europe Ecologie-les Verts (EELV), l’éco-taxe est «un bouc émissaire». «On voit bien que la Bretagne est à bout, et qu’il y a une crise, mais ce n’est pas l’éco-taxe qui l’a créée. Par exemple, 700.000 porcs produits dans la région sont envoyés en Allemagne pour être abattus alors qu’ils reviennent après, et on s’étonne que des abattoirs ferment en Bretagne et en France», a-t-il ajouté. Le représentant d’EELV estime qu’à moyen et à long terme, l’éco-taxe va restreindre l’usage du transport routier mais accroître la production locale.



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