Eco-emballages: les premières mesures pour sortir de la crise
Le 16 décembre 2008 par Sonia Pignet
Suite aux révélations par le Meeddat des placements à risque d’Eco-emballages, l’éco-organisme en charge du recyclage des déchets ménagers a tenu un conseil d’administration extraordinaire dimanche 14 décembre.
Ce conseil a décidé la révocation du directeur général Bernard Hérodin, remplacé temporairement par le président d’Eco-emballages, Eric Guillon. Autre changement, la création d’un comité exécutif composé de 5 administrateurs. Cette décision va dans le sens d’une réforme de la gouvernance demandée par le ministère, qui a prévenu dans son communiqué du 9 décembre que «faute d’une action exemplaire, l’agrément dont bénéficie Eco-emballages sera suspendu». Le conseil d’administration a également demandé que soit réalisé un audit externe sur la gestion de trésorerie. «Un appel d’offre sera lancé très prochainement pour déterminer le cabinet chargé de cette mission», a indiqué Dominique Viel, censeure d’Etat présente aux conseils d’administration d’Eco-emballages.Comme la plupart des membres du conseil d’administration, Dominique Viel n'a découvert qu'en avril 2008 l’existence de ces placements à risque, sur deux fonds placés aux îles Caïmans (55 millions d’euros selon Eco-emballages, 60 selon le ministère, soit 20% du budget global de l’éco-organisme). «Seul le directeur général savait quelles orientations étaient données aux placements, et il n'en a averti le conseil d'administration qu'au mois d'avril», souligne-t-elle. Pourquoi ne pas avoir averti le ministre à ce moment là ? «Nous étions en plein Grenelle, tout le conseil pensait que les choses allaient rentrer dans l’ordre,[suite à la décision de retirer les fonds de ces placements]j’ai pensé qu’il n’était pas urgent de prévenir le ministère», explique-t-elle. Mais surtout, cela ne fait pas partie de ses fonctions. « En tant que censeure d’état, je n’ai pas de contrôle sur les placements, mon rôle se limite à une vigilance sur l’équilibre global », rappelle Dominique Viel. L’urgence d’avertir le ministère est donc apparue plus tard, lorsqu’une partie des fonds s’est avérée non déblocable.
Ces changements au sein d’Eco-Emballages seront annoncés aujourd’hui 16 décembre dans l’après-midi, au cours de la Commission d’agrément. Lundi, l’association France nature environnement (FNE), représentée à la Commission consultative d’agrément des sociétés d’emballages par Michel Georges, a rappelé son souhait de voir évoluer le statut d'Eco-emballages et des autres éco-organismes vers plus de transparence. «Il est urgent que leurs conseils d'administration s'ouvrent à l'ensemble des partenaires: associations, syndicats et pouvoirs publics», insiste l’association. Une critique plusieurs entendue. Agir pour l'environnement, les Amis de la terre et le Centre national d'information indépendant sur les déchets (Cniid) attribuent ce scandale financier à «l'absence flagrante de contrôle et de régulation de l'Etat aptes à encadrer l'action des éco-organismes». Ils estiment dans un communiqué aujourd’hui que la démission du directeur général est une bonne chose, mais «loin d'être suffisante pour envisager le maintien de l'activité de cet éco-organisme ».
8 réactions
JEAN Jackie | 07/01/2009 - 18H31
eco-emballage scandaleux et pour celà "des mesurettes " une occasion supplémentaire pour "mettre de l'ordre " et assainir ... peut-être y compris dans d'autres éco-organismes .... par exemple ...
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Laurens jackie | 26/12/2008 - 23H55
Eco emballage : scandaleux ! je suis d'accord avec le commentaire précédent "Comment peut-on expliquer que la censeure d'Etat soit au courant des placements financiers, dont ceux dans les paradis fiscaux, sans que le Président et/ou les autres membres du Conseil d'Administration ne le soient? En conclusion, changer le directeur général c'est bien. Mais pourquoi garder des membres au sein d'un Conseil d'Administration qui ne sont au courant de rien? " et j'ajpute que la trasparence ne peut se faire que dans la mesure où le président ou son représentant n'applique pas sa propre politique à la communication. Une société comme eco emballage aurait du être plus controlée ayant l'agrément de l'état et la sanction est bien peu en rapport avec l'atitude du directeur révoqué ! désolant
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garcia claude | 19/12/2008 - 14H40
Etonnant Comment peut-on expliquer que la censeure d'Etat soit au courant des placements financiers, dont ceux dans les paradis fiscaux, sans que le Président et/ou les autres membres du Conseil d'Administration ne le soient? En conclusion, changer le directeur général c'est bien. Mais pourquoi garder des membres au sein d'un Conseil d'Administration qui ne sont au courant de rien?
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Coat Christine | 18/12/2008 - 10H17
censeur d'état Quelque soit son rôle, sa vigilance sur l'équilibre global de la société n'a pas été efficace, elle n'a plus sa place dans ce rôle et devrait être également dégagée, sinon ça décribilise le rôle de contrôle de l'Etat Au fait combien ça gagne un censeur d'état ?
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jean fluchere | 17/12/2008 - 22H07
Pertinence des décisions Je ne suis pas certain de la pertinence des décisions à l'exception de celle qui consiste à virer le Directeur. L'environnement est devenu un sujet emblématique et beaucoup de profiteurs se sont engoufrés dans cette voie bien vue et rémunératrice pour ceux qui n'ont pas d'éthique.
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DUSSOUILLEZ Claude | 17/12/2008 - 14H27
Eco-emballages La modification des barèmes a réduit nos soutiens et nous oblige à faire des efforts budgétaires supplémentaires pendant qu'un directeur aussi huppé joue avec notre argent. Le scandale est à la hauteur du montant des pertes; 60 M€ c'est 1 € par français. Président du SMETOM du Haut-Doubs, structure de 120 000 habitants, je vais réclamer 120 000 € à Eco-emaballages. J'encourage tous mes collègues à faire de même.
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Ferreira Manuel | 17/12/2008 - 14H00
Scandaleux Pour un organisme qui se devrait être irréprochable et notamment proposer de nouvelles méthodes de gestion plus proches du développemennt durable, c'est honteux et ne peut qu'amener la méfiance vis à vis du sérieux de ce genre d'organisme, même s'ils reçoivent un agrément de l'ETAT.
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strugala christophe | 17/12/2008 - 11H11
scandaleux Encore un bel exemple de l'autisme des pouvoirs publics garants du bon usage des deniers publics. Ne pas condamner un placement d'argent public dans un paradis fiscal relève de la trahison.Mais quand on est haut fonctionnaire "c'est une vigilance globale". Excellente la globalisation à toutes les sauces.
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