Eclaircie en vue pour les gestionnaires des déchets
Le 05 juillet 2010 par Célia FontaineLe cabinet d’analyse indépendant Precepta, division du groupe Xerfi, a publié le 1 er juillet une étude sur le marché de la gestion des déchets. Elle montre qu’après avoir subi une baisse inédite de leur chiffre d’affaires en raison de la récession économique en 2009, les filières de la collecte et du traitement des déchets renoueront avec la croissance en 2011.
Intitulée « Le marché de la gestion des déchets : Préserver les marges dans un contexte de réduction des volumes des déchets », l’étude revient dans un premier temps sur le « choc conjoncturel » qui a touché de plein fouet la collecte (-1,3%), le traitement (-0,4%) et le marché du recyclage (-20%). La baisse structurelle des volumes de déchets industriels (liée notamment à la désindustrialisation de l’économie française) et ménagers, ainsi que la chute des cours des matières premières expliquent en partie ces résultats. Car « moins de déchets produits, c’est moins de business généré » préviennent les auteurs Alexia Dassi et Thomas Roux.
Pour réaliser de bonnes performances, les professionnels du secteur, « longtemps habitués à des marges très confortables », devront repenser les conditions d’exercice de leur métier, notamment à l’aune du Grenelle de l’environnement. « Malgré la volonté de réduire de 15% des volumes de déchets incinérés et stockés à l’horizon 2012 (via la hausse de la TGAP notamment) et au-delà du dogmatisme, il faut bien admettre qu’il y aura toujours besoin d’incinérer et d’enfouir certains déchets ! ». Selon l’analyse faite par Precepta, les « vrais » gagnants sont donc le tri, le recyclage et le traitement biologique, tandis que les « faux perdants » sont l’incinération et l’enfouissement, qui restent incontournables pour tous les déchets qui n’auront pas été acceptés dans les filières de récupération.
D’autre part, l’étude relève que « les efforts des ménages en matière de tri et de réduction des ordures ménagères vont se poursuivre au cours des prochaines années », en raison du relèvement des taxes sur les ordures ménagères et de la mise en place de redevances incitatives dans plusieurs villes de France. Le fait de passer d’une économie industrielle à une économie de services va sans doute pousser les gestionnaires des déchets à changer les procédures et se tourner davantage vers les pays émergents, à l’international.
« Au-delà des inflexions des pouvoirs publics, les forts niveaux de rentabilité dans le recyclage attisent les convoitises des généralistes. Les deux ténors, Veolia Propreté et Sita, ont déjà entamé une stratégie d’intégration verticale, en prenant position dans le recyclage ». La concentration du secteur n’est pas achevée.
3 réactions
claude duport | 11/07/2010 - 15H09
Il est curieux que les Français soient trés mauvais dans les domaines du tri recyclage et valorisation des bio-déchets. Faut-il y voir un lien avec le fait que notre pays posséde des multinationales faisant leur beure avec les incinérateurs, les solutions couteuses (TMB) et la gestion des décharges, avec bien sur un lobbiyng permanent auprés des décideurs. Si la France respecte les engagements du grenelle (et les directives CE) le volume des déchets ne peut que diminuer donc les recettes.
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jean COTSAFTIS | 05/07/2010 - 22H50
Oui bien sur pour le tri à la source. Mais il faut: 1- une formation explicative des ménages, qui nécessite l'embauche par les collectivités de milliers d'agents de tri, qui y sont donc réfractaires (alors que c'est un moyen fort de réduire une partie du chômage et de valoriser les filières d'environnement et de développement durable), et 2- une incitation financière, en contradiction avec les lobbying de ramassage et de traitements industriels des déchets. Il y a donc tout à repenser dans un contexte de rapport de force.
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DUMONT William | 05/07/2010 - 21H29
le tri, recyclage, valorisation, constituent la SEULE solution à retenir et à développer. La réduction des déchets restant à enfouir ou incinérer est la phase transitoire devant aboutir au zéro déchet. Ce n' est pas une utopie et il y a beaucoup d' argent à gagner dans ces conditions, avec de surcroît peu de risque de délocalisation de l' emploi créé.
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