Eclairage nocturne: pas de solution miracle pour les invertébrés

Le 06 février 2017 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'éclairage nocturne, une pollution
L'éclairage nocturne, une pollution

Confrontées à l’éclairage nocturne, les communautés d’insectes et d’arachnides subissent de profondes modifications, confirme une étude britannique publiée dans la revue Global Change Biology. Comment prévenir ces perturbations? En atténuant l’intensitéet en éteignant au creux de la nuit, même si l’effet est modeste.

Chaque année, l’éclairage nocturne progresse d’environ 6% à l’échelle de la planète. De quoi perturber les écosystèmes: plusieurs études ont déjà mis en évidence des effets sur les insectes, les chauves-souris, la floraison printanière, et même sur les invertébrés marins vivant sur le littoral.

Autre sujet de préoccupation, le remplacement des anciennes lampes à sodium, de lumière jaune-orange, par des diodes électroluminescentes (LED) moins énergivores, dont la lumière blanche comporte une forte composante bleue. Or cette longueur d’ondeperturbe la sécrétion de mélatonine, hormone impliquée dans la régulation des horloges biologiques.

Chez l’homme, certaines études ont ainsi suggéré que les LED pouvaient altérer le sommeil, voire engendrer obésité, certains cancers et maladies oculaires. Sujet à controverse, l’impact sanitaire des LED va d’ailleurs faire l’objet d’un rapport de l’Anses cette année, réactualisant celui publié en 2010.

Plusieurs stratégies testées

Comment atténuer les effets de l’éclairage nocturne sur les écosystèmes? Thomas Davies, de l’université d’Exeter, et ses collègues ont comparé plusieurs stratégies, testées en champ sur des parcelles de 16 mètres carrés exposées de nuit à divers conditions d’éclairage: LED d’intensité normale, LED atténuée (intensité réduite de 50%), LED atténuée et éteinte de minuit à quatre heures du matin, LED dont le spectre d’émission était modifié de manière à ressembler à celui des lampes à sodium. Toutes ont été comparées à un contrôle non éclairé.

L’équipe a testé, sur trois années d’affilée entre, l’abondance d’araignées et de scarabées dans ces diverses parcelles. Premier constat: fortement attirés par l’éclairage nocturne, ces invertébrés restent sur les parcelles en journée. Différence notable entre les araignées et les scarabées, les premières affluent dès la mise en l’éclairage (avec des différences maximales entre parcelles lors de la première année, qui disparaissent à la troisième année), tandis que les seconds n’y arrivent que plus tard (écarts significatifs seulement dès la troisième année).

Pas d’impact du spectre lumineux

Quant aux diverses stratégies, pas de miracle: rien ne permet de rétablir l’équilibre qui prévaut en l’absence d’éclairage. Pas même celui de type lampes à sodium, dénué de longues d’onde bleue-verte, qui n’a qu’un léger effet sur les scarabées mais aucun sur les araignées. Selon les chercheurs, tout changement de spectre lumineux engendre forcément une perturbation écologique, du fait que les espèces réagissent à des longueurs d’ondes différentes.

La stratégie la plus efficaceconsiste à atténuer la lumière et à l’éteindre entre minuit et quatre heures. Même si elle n’élimine pas les impacts: «bien que les approches testées permettent de réduire un peu le nombre d’espèces affectées par l’éclairage LED, notre étude montre que la seule manière d’empêcher les impacts, ce serait tout simplement  d’éviter l’usage des LED, et plus généralement l’éclairage nocturne», commente Thomas Davies.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus