Eclairage LED: pas de risque sanitaire majeur, selon la Commission

Le 13 juillet 2018 par Romain Loury
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Les LED blanchies par Bruxelles
Les LED blanchies par Bruxelles

L’éclairage de type LED (Light Emitting Diodes) ne pose pas de problème sanitaire majeur, selon un rapport publié jeudi 12 juillet par le comité scientifique sur la santé, l’environnement et les risques émergents (SCHEER) de la Commission européenne. Celui-ci appelle toutefois à poursuivre les recherches, en particulier pour les jeunes enfants et les personnes âgées.

En 2005, la Commission a décidé l’abandon des ampoules à incandescence, trop énergivores, pour les remplacer par des ampoules plus économes, les LED (Light Emitting Diodes), dont la lumière blanche est obtenue par un mélange de lumières bleue et jaune.

Un doute persistant

Or les rayons de lumière bleue, de plus courte longueur d’onde, sont plus énergétiques que les autres, et pourraient bien engendrer des dommages aux cellules rétiniennes. Au risque de favoriser, comme l’excès de lumière solaire, une évolution vers des maladies telles que la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Le doute subsiste, d’autant que des travaux français publiés en décembre 2016 ont révélé, chez le rat, que l’éclairage de type LED était nocif pour la rétine, même à une exposition jugée normale chez l’homme. Dans un avis publié en 2010, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) appelait déjà à mieux caractériser l’exposition à long terme.

Pas de risque, mais des incertitudes

Si les doutes ne sont pas levés sur la santé humaine, les LED pourraient avoir quelque utilité pour la biodiversité: dans une étude publiée mercredi 11 juillet, une équipe de l’université d’Exeter (Royaume-Uni) montre qu’il est possible de réduire de 85% le nombre de cormorans piégés dans des filets de pêche, lorsque ceux-ci sont émaillés de LED, et de 64% le nombre de tortues marines.

Le SCHEER, l’un des comités scientifiques de la Commission européenne, vient de rendre son verdict: selon lui, les LED ne posent pas de problème majeur. Pour les écrans, leur intensité maximale est de 10% le seuil visant à protéger la rétine, ce qui, selon lui, écarte le risque lors d’un usage normal.

Le comité reconnaît toutefois des incertitudes, en particulier chez les personnes dont la rétine est vulnérable (bébés, personnes âgées), notamment en cas d’éblouissement après avoir fixé trop longtemps une LED, ou lorsque les ampoules émettent une lumière tremblotante. Chez ces populations, le SCHEER appelle à poursuivre les recherches.

Sommeil: la faute au film excitant?

Autre effet pointé par plusieurs études, une perturbation du rythme circadien. La sécrétion de mélatonine, hormone dont le taux sanguin oscille au cours d’un cycle jour/nuit, est particulièrement sensible à la lumière bleue. Celle-ci pourrait ainsi perturber le sommeil –ce que confirment plusieurs études montrant une prise de sommeil plus difficile après avoir passé du temps devant un écran. Or la perturbation du rythme circadien est liée à plusieurs maladies, dont l’obésité et des cancers.

Selon le SCHEER, le problème n’est peut-être pas spécifique aux LED: «plusieurs études montrent que l’usage normal des LED ou d’écrans durant la soirée peuvent affecter le système circadien, et donc la qualité du sommeil. Toutefois, l’implication de différentes longueurs d’onde n’est pas bien connue. De plus, l’activité menée sur des téléphones, des tablettes ou des ordinateurs pourrait aussi jouer un rôle –regarder un film excitant ou lire un polar peut retarder la prise de sommeil».



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