Eclairage: des routes plus économes en énergie

Le 17 mai 2016 par Romain Loury
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Le procédé Lumiroute testé à Limoges
Le procédé Lumiroute testé à Limoges

A Limoges, une expérimentation visant à réduire l’éclairage urbain, reposant sur de nouveaux types de revêtement routier et des lampes LED, a permis des économies d’énergie allant jusqu’à 70%. Plus coûteux qu’un procédé standard, celui-ci pourrait être rentabilisé en une dizaine d’années.

Dénommé Lumiroute, le procédé consiste à réduire les consommations énergétiques en maximisant la réflectance de la route, en jouant aussi bien sur son revêtement que sur l’éclairage. Mis au point par deux filiales du groupe de construction Spie Batignolles -Malet (travaux routiers) et Spie Batignolles énergie Borja (électricité et génie climatique)- associées à l’éclairagiste Thorn, il a été désigné en 2011 lauréat de l’appel à projets Innovation routière lancé par le ministère de l’environnement.

C’est ce qui lui a ouvert la voie d’une expérimentation menée par le Cerema[i] sur le boulevard Schuman de Limoges, dont les résultats à deux ans ont été rendus publics mardi 10 mai. Quatre segments de route, d’une longueur de 200 mètres chacun, ont été étudiés: deux sections contrôles (liant noir, granulat noir ou gris, éclairage standard), deux sections équipées chacune d’un procédé Lumiroute.

Le premier, Lumiroute 1, consiste en un revêtement à base de granulats et de liant clairs (contenant du dioxyde de titane, de l’ordre de 0,5%), tandis que le second, Lumiroute 2, se compose de granulats clairs et d’un liant noir, aussitôt décapé par une eau à haute pression, un «hydrodécapage» qui élimine le film de liant conférant aux nouvelles routes leur couleur noire. Chacun de ces tronçons était équipé de lanternes de type LED, dont l’intensité est réglable.

Une économie allant jusqu’à 70%

Sans différence en termes de bruit ou d’adhérence, les deux procédés Lumiroute permettent de très nettes économies d’énergie à deux ans, de 70,6% pour Lumiroute 1 et de 62,2% pour Lumiroute 2 par rapport aux sections témoins. Au cours de l’expérience, la puissance des LED a pu être diminuée d’environ 40%, les deux procédés atteignant toujours leurs cibles de luminance et d’uniformité lumineuse sur la route.

«Globalement ce procédé est plutôt adapté à des voies routières où l’on roule à 70 ou 90 km/h, et où le conducteur a particulièrement besoin de lire sa trajectoire, tels que les boulevards urbains et les carrefours un peu isolés», explique au JDLE Paul Verny, responsable de la mission «éclairage, maîtrise de l'énergie et des nuisances liées à la lumière» au Cerema.

Des communes déjà équipées

Prévue pour une durée de trois ans, l’expérience donnera lieu à un rapport final «mi-2017», explique-t-il. Si elle est concluante, elle aboutira à une fiche technique du ministère, qui constituera un label d’économie d’énergie. Sans attendre les résultats finaux, quelques communes ont déjà mis en place le procédé Lumiroute 1, sur de petites sections.

C’est déjà le cas de Figeac (Lot) et de Tarbes (Hautes-Pyrénées), prochainement de La Teste-de-Buch (Gironde), explique au JDLE Alain Beghin, directeur technique de l’entreprise Malet, principalement active dans le Sud-ouest. Selon lui, ces projets avaient trait, outre les économies d’énergie, à «une mise en valeur du patrimoine», avec un éclairage moins cru sur les façades.

Quid de l’ajout de dioxyde de titane, qui améliore les capacités photométriques de la route, dans le premier procédé? Intégré lors de l’étape finale de fabrication des enrobés, ce TiO2 n’est pas de forme nanométrique, des «nanos» dont la sécurité environnementale et sanitaire est encore peu déterminée, mais micrométrique, indique Alain Beghin.

Si la question des coûts globaux sera abordée plus avant dans le rapport final, les procédés Lumiroute, plus coûteux à l’installation («2,2 fois plus» pour Lumiroute 1 par rapport à un revêtement standard, estime Alain Beghin), devraient au final permettre des économies. «Au bout de 5 à 10 ans», estime  Paul Verny, «de 7 à 8 ans» pour Lumiroute 1 et «de 5 à 6 ans» pour Lumiroute 2, avance Alain Beghin.



[i] Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement

 



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