Echinococcus granulosus, comme un bruit parasite

Le 09 juillet 2014 par Romain Loury
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Echinococcus granulosus rôde encore
Echinococcus granulosus rôde encore

Bien que rare, le parasite Echinococcus granulosus n’a pas disparu de France: il semble au contraire présent à bas niveau sur tout le territoire, révèle une étude publiée dans le dernier numéro du Bulletin épidémiologique santé animale–alimentation.

Maladie potentiellement mortelle, l’échinococcose hydatique, ou hydatidose, est devenue rare en Europe. Selon les derniers chiffres disponibles, ceux de 2011, 781 cas d’échinococcose ont été rapportés, dont près de la moitié en Bulgarie [1]. En France, on en recensait 45 cas cette année-là.

Bien devant l’homme, le chien est le principal hôte final du parasite, celui où il atteint le stade adulte et d’où il relargue ses œufs, via les fèces, dans l’environnement. A l’air libre, Echinococcus peut être ingéré par des ruminants, chez lesquels il parvient au stade larvaire au sein de kystes, hépatiques ou pulmonaires. Ce cycle ruminant-chien explique d’ailleurs que les pays les plus touchés sont ceux qui recourent beaucoup au chien de berger.

L’homme ne constitue pour sa part qu’un hôte final accidentel, contaminé soit par voie alimentaire, généralement via des légumes souillés par des déjections animales, soit suite à un contact avec un animal atteint. En raison du faible nombre de cas, la maladie a peu à peu été oubliée en France, où elle est avant tout considérée comme liée à des infections survenues en Afrique du Nord et en Europe de l’Est.

Or si le portage animal s’est fortement raréfié en France, il n’est pas exclu que des cas autochtones y surviennent encore, suggère le Laboratoire national de référence (LNR) pour Echinococcus dans une étude publiée dans le Bulletin épidémiologique santé animale–alimentation.

Des ovins infectés sur tout le territoire français

Selon l’analyse menée en 2012 sur 1.237 kystes provenant de 94 abattoirs répartis dans 57 départements, la prévalence de l’espèce Echinococcus granulosus stricto sensu serait de 1,53 cas pour 100.000 têtes abattues chez les ovins, de 0,83 cas pour 100.000 chez les bovins et de 0,002 cas pour 100.000 chez les porcins. Selon les chercheurs, «la majeure partie des cas ovins ont été identifiés dans le Sud-est [Alpes de Haute Provence, Vaucluse] alors que les cas bovins sont répartis dans toute la France».

Les chercheurs ont aussi observé la présence d’Echinococcus canadensis chez des porcs abattus en Corse, avec une prévalence atteignant 0,9%. Et, première sur le territoire français, ils ont identifié Echinococcus ortleppi, chez des bovins, où la prévalence est même supérieure à 20 cas pour 100.000 dans l’Ariège et le Loir-et-Cher.

«Si par le passé les cas humains étaient certainement sous-estimés et considérés comme importés et non autochtones, la présence toujours actuelle de foyers actifs chez les animaux de rente et leur large répartition spatiale soulèvent la question de l’existence probable de cas d’échinococcoses kystiques humains autochtones en France», concluent les chercheurs.

Dans son Top Ten des parasites alimentaires sévissant dans le monde, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a classé, mercredi 1er juillet, Echinococcus granulosus en deuxième position, derrière le ténia du porc Taenia solium et devant Echinococcus multilocularis. Chez l’homme, «les niveaux de prévalence peuvent atteindre jusqu'à 5-10% dans certaines régions d'Argentine, du Pérou, d'Afrique de l’Est, d'Asie centrale et de Chine», estime l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

[1] Ces échinococcoses européennes sont pour 85,1% d’entre elles liées à E. granulosus, les autres 14,9% étant dues à E. multilocularis. Les premières sont en baisse, les secondes en hausse.



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