Ebola et viande de brousse: «faible» risque selon l’Efsa

Le 05 novembre 2014 par Romain Loury
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Des chauves-souris façon viande de brousse
Des chauves-souris façon viande de brousse
Romain Loury

En Europe, l’arrivée d’Ebola par de la viande de brousse illégale semble peu probable, mais constituerait un événement «très grave» du fait de la virulence élevée du virus et de sa contagion, estime l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) dans un avis publié mardi 4 novembre.

Les saisies de viande de brousse, laquelle va du serpent au singe en passant par la chauve-souris, l’antilope et le porc-épic, sont fréquentes dans les aéroports. Notamment en France, où la Direction générale des douanes annonce régulièrement les résultats d’opérations fructueuses (voir le JDSA).

Illégale, donc non contrôlée, la viande de brousse pose un problème sanitaire, du fait qu’on y trouve parfois des virus dangereux pour l’homme. Entre autres craintes, celle d’une introduction d’Ebola, maladie qui fait actuellement rage dans certains pays d’Afrique occidentale [1]. Car, outre ses réservoirs que sont les chauves-souris, le virus a déjà été retrouvé chez plusieurs espèces de singes, d’antilopes et de rongeurs.

Saisie par la Commission européenne, l’Efsa s’est attelée au sujet. Sans grand succès: au vu des nombreuses incertitudes, il est impossible d’avancer le moindre chiffre quant au risque de contamination sur le sol européen par de la viande de brousse. La probabilité d’un tel événement, jugé «très grave», semble toutefois «faible».

La chasse et la découpe, étapes de transmission

Trois raisons à cela: primo, seules 27 épidémies d’Ebola ont été recensées en Afrique depuis 1976, alors que la consommation de viande de brousse y est très courante. Deuxio, c’est au cours de la chasse et de la découpe de la viande que le risque de transmission à l’homme est le plus élevé -or cette étape a lieu en Afrique. Tertio, la consommation de viande de brousse en Europe reste un phénomène anecdotique.

Autres inconnues, la survie du virus dans la viande, ainsi que le potentiel infectieux par voie alimentaire. Selon l’Efsa, le virus a plus de chances de survivre lorsque la viande est récente, non transformée et réfrigérée, plutôt qu’ancienne, séchée ou fumée, et à température ambiante. Ce qui est le cas le plus courant lors des saisies d’aéroport.

Difficile aussi de savoir quel traitement tue le virus. Seule certitude, cuire la viande à 100°C l’inactivera rapidement et de manière complète, estime l’Efsa.

[1] Dans son dernier bilan, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recense au 29 octobre 13.567 cas d’Ebola, dont 4.951 décès. Les pays les plus touchés sont le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée.



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