Eaux résiduaires: qualité en hausse, investissements prometteurs

Le 16 mars 2016 par Marine Jobert
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Une station d'épuration à Athènes.
Une station d'épuration à Athènes.
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Les eaux usées sont un enjeu majeur pour assurer le bon état écologique des eaux douces et marines. Les Etats européens, et spécialement les pays entrants, ont beaucoup investi et les résultats sont au rendez-vous en matières de qualité des rejets. Le secteur est également prometteur en matière économique.

Depuis son adoption en 1991, la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires a permis de réduire de manière «significative» les rejets des principaux polluants tels que la charge organique et les nutriments. Mais beaucoup reste à faire, notamment dans les pays entrants. Dans un rapport qui rassemble pour la première fois des données communiquées par les Etats membres[1] sur la collecte et le traitement des eaux urbaines résiduaires et sur les programmes de mise en œuvre, la Commission donne un aperçu clair des lacunes en matière de conformité et des actions prévues par les Etats membres pour les combler, ainsi que des estimations des besoins d’investissement et des délais pour y répondre.

98% de conformité

Ce 8e rapport couvre plus de 19.000 villes de plus de 2.000 habitants, générant une pollution correspondant à une population de 495 millions de personnes, en ‘équivalent habitant’ (EH). Le bilan global montre une nette amélioration: la plupart des Etats membres collectent une partie importante des eaux résiduaires avec un taux moyen de conformité de 98%, contre 94% dans le rapport précédent de 2013[2]. Vingt Etats membres atteignent même des taux de conformité de 100%, contre moins de 60% en Bulgarie et en Slovénie.

Zones rurales

En Grèce, Hongrie, Lettonie, Lituanie et Slovaquie, «le système de collecte des eaux usées demeure peu développé», note le rapport. Toutefois, ces pays ont recours à des systèmes individuels ou autres, qui assurent un niveau de protection environnementale identique à celui des systèmes de collecte et qui sont utilisés à un taux relativement élevé (au-dessus de 20%). Ce sont surtout les zones ‘rurales’ qui marquent un fort retard: «Cela peut s’expliquer par des délais de mise en conformité plus longs pour les plus petites agglomérations».

 

Le traitement secondaire des eaux résiduaires connaît une nette amélioration, passant à 93% (+10%) pour l’ensemble de l’UE, avec un satisfecit en direction des pays entrants qui sont passés de 39% à 68% en l’espace de trois années. Seules 14 des 28 capitales des Etats membres pouvaient, en 2011-2012, être considérées comme «pleinement conformes» (+3 par rapport à 2013).

17,8 milliards en 5 ans

Avant d’en arriver à sanctionner les Etats par le biais de la Cour de justice –comme la France en 2013-, la Commission dispose d’une palette d’incitations et d’aides. Notamment l’instauration de dialogues bilatéraux, le développement de programmes de mise en œuvre, la sécurisation des investissements en infrastructures par l’intermédiaire des fonds structurels et d’investissement européens et l’amélioration de la gestion et de la diffusion des données de mise en œuvre. Au cours de la période de programmation 2007-2013, environ 17,8 milliards d’euros de financement au titre de la politique de cohésion ont jusqu’à présent été affectés à ces infrastructures dans 22 États membres. Les programmes opérationnels pour la période 2014-2020 sont actuellement en phase finale de négociation.

UE à 25%

L’investissement total estimé pour la construction des nouveaux projets nécessaires pour se conformer pleinement à la directive est de 22 milliards d’euros, répartis entre les infrastructures de collecte et de traitement. L’Europe devrait y participer à hauteur de 25%. Entre 2015 et 2018, estime la Commission, près de 100 Md€ seront investis dans des infrastructures de traitement des eaux résiduaires. Soit 50 € par Européen «pour les années à venir».

600.000 emplois

Le secteur est prometteur en termes d’emplois, rappelle Bruxelles, puisque la gestion des eaux usées dans le secteur des biens et des services représente plus de 600.000 emplois, une valeur de production annuelle de plus de 100 Md€ et une valeur ajoutée annuelle d’environ 42 Md€ (investissements, entretien, exploitation, exportation de technologies et de connaissances). Améliorer la qualité des eaux résiduaires est donc bon pour l’environnement, mais aussi pour l’emploi, la croissance et l’investissement. Une kyrielle de programmes européens y sont consacrés.

 

 



[1] Il s’agit principalement de données de l’année 2012 et, dans des cas exceptionnels et justifiés, de données de l’année 2011 (Chypre, Hongrie et Lituanie). Seules les données de 25 Etats membres ont été évaluées. Les données fournies par l’Italie et la Pologne étaient de qualité insuffisante. Pour la Croatie, aucune obligation de conformité n’était applicable en 2012.

[2] Qui couvrait la période 2009-2010.

 

 



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