Eaux conditionnées: qualité radiologique satisfaisante, mais quelques dépassements

Le 16 octobre 2013 par Romain Loury
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Vichy Célestins, une eau un chouia radioactive.
Vichy Célestins, une eau un chouia radioactive.
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La qualité radiologique des eaux conditionnées produites en France est «globalement satisfaisante», bien que certaines d’entre elles dépassent les valeurs-critères de qualité, selon une analyse officielle menée sur 142 d’entre elles et publiée le 7 octobre.

Fixés par un arrêté du 14 mars 2007, les critères de qualité radiologique des eaux conditionnées (eaux minérales, eaux de source, eaux rendues potables par traitement) sont au nombre de 4: activité alpha globale, activité bêta globale, tritium et dose totale indicative (DTI) [1]. Considérés comme des «références de qualité», ces critères deviennent «limites de qualité» lorsqu’il s’agit de l’alimentation du nourrisson.

Portant sur 142 eaux de source et minérales produites en France, l’analyse menée par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ne révèle aucun problème majeur: toutes les eaux s’avèrent en deçà des limites fixées pour le tritium (100 becquerels/L) et pour l’activité bêta résiduelle (1 Bq/L). En revanche, 108 eaux sont en dessous du critère de 0,1 Bq/L pour l’activité alpha globale.

Quant aux 33 dépassant le seuil d’activité alpha (une 34e n’a pu être analysée, sa production ayant été stoppée en avril 2012), 27 présentent une DTI inférieure au seuil de 0,1 millisievert par an (mSv/an). Pour les 6 autres [2], elle est comprise entre 0,1 et 0,3 mSv/an, fourchette dans laquelle «la réglementation ne recommande pas nécessairement d’action correctrice, sauf si des solutions simples, techniquement et économiquement raisonnables existent, et [dans laquelle] aucune restriction d’usage n’est conseillée pour les populations sensibles», indique l’IRSN.

Trois eaux recommandées à tort pour les nourrissons

Au final, seules trois eaux portent une mention indiquant qu’elles conviennent à l’alimentation du nourrisson ou à la préparation des biberons, alors qu’elles n’y ont pas droit, du fait qu’elles dépassent le seuil de 0,1 Bq/L pour l’activité alpha. Deux sont des eaux minérales, connues sous les noms de marque «Ogeu-source du Roy» (région Aquitaine) et «Chambon» (Centre), la troisième une eau de source, «Ondine plate» (Centre).

L’IRSN a par ailleurs analysé les concentrations en uranium: toutes les eaux se situent en dessous de la valeur-guide provisoire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixée à 30 microgrammes/L (µg/L). Quant au radon 222, il n’a été détecté que dans 1 des 6 eaux analysées (nom de marque «Quercynoise»), à hauteur de 5,9 Bq/L, valeur très inférieure aux 100 Bq/L à la valeur de référence en vigueur au niveau européen.

Parmi les produits les plus connus du public, deux eaux minérales naturellement gazeuses (non recommandées pour l’alimentation des nourrissons) s’avèrent au-delà des références de qualité: Saint-Yorre (activité alpha 10 fois supérieure, activité bêta totale 4,1 fois supérieure) et Vichy-Célestins (activité alpha 13 fois supérieure, activité bêta totale 2,7 fois supérieure). La première dépasse même légèrement le seuil de DTI, à 0,12 mSv/an, tandis que la seconde est en dessous.

[1] Les trois premiers indicateurs s’expriment en becquerel par an (Bq/an), le Bq étant l’unité de mesure de l’intensité d’une source radioactive. La DTI s’exprime quant à elle en sievert par an (Sv/an), le Sv étant l’unité de mesure d’un effet biologique produit sur l’individu par le rayonnement ionisant absorbé.

[2] Il s’agit des marques d’eau minérale L'Incomparable, Châteldon, Nessel, Puits St-Georges, Parot et Saint-Yorre-Bassin de Vichy.


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