Eau potable : trop de manganèse nuirait au QI des enfants

Le 21 septembre 2010 par Célia Fontaine
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

La présence de manganèse en grande quantité dans l’eau potable peut-elle réduire le quotient intellectuel (QI) des enfants ? Oui, si l’on en croit les résultats d’une étude canadienne publiée le 20 septembre dans la revue Environmental Health Perspectives.

Le manganèse est un métal de transition gris-blanc, semblable au fer et qui s’oxyde facilement. C’est aussi un oligo-élément indispensable à l’organisme humain, que l’on retrouve dans de nombreux aliments[1]. L'exposition à des niveaux élevés de manganèse par inhalation (particulièrement en milieu de travail) peut avoir des effets neurotoxiques. Mais les effets potentiels de l'exposition au manganèse par l'eau potable étaient jusque-là peu connus. Bien que ce métal soit très répandu dans l'eau souterraine, tout comme le fer, sa concentration maximale n'est pas réglementée au Québec.

Pour mieux cerner ses effets sur la santé, l'université du Québec, à Montréal, a mené pendant trois ans une étude auprès de 362 enfants, âgés de 6 à 13 ans, dans 4 municipalités différentes. Les aqueducs fournissant l’eau potable aux maisons avaient des concentrations de manganèse allant de très basse (<50 microgrammes par litre), basse (~150 µg/l), moyenne (~300 µg/l) à haute (~600 µg/l). Des données sur la quantité d'eau du robinet ingérée ainsi que les habitudes alimentaires des enfants ont été collectées. Une mèche de cheveux a été prélevée pour l'analyse de la concentration de manganèse. Les enfants ont ensuite passé des tests de QI et de mémoire reconnus (Wechsler Abbreviated Scale of Intelligence par exemple). Les résultats obtenus sont surprenants.

« Une diminution très significative du quotient intellectuel des enfants a été observée en lien avec la présence de manganèse dans l'eau potable, et cela à des concentrations actuellement considérées comme faibles et sans risque pour la santé», explique Maryse Bouchard, qui a dirigé les travaux. Le QI de 20 % des enfants qui avaient bu une eau riche en manganèse s’est révélé être inférieur de 6,2 points à celui de ceux ayant ingéré une eau qui n’en contenait pas.

Plus précisément, les résultats montrent que les effets sur le QI surviennent dès 225 µg/l, c'est-à-dire avant la limite de 300 µg/l jugée sûre par l'Organisation mondiale de la santé.

Les chercheurs encouragent les petites municipalités captant  l'eau des nappes souterraines à installer des filtres domestiques composés de résine et de charbon actif pour réduire la concentration de manganèse de 60 à 100 %. Trois municipalités du Centre du Québec ont récemment installé des dispositifs visant à enlever le manganèse de l'eau potable. Sainte-Agathe-de-Lotbinière s’est équipée d’un dispositif  qui a permis de réduire la quantité de manganèse dissous de 2.200 à 450 µg/l. A l’origine, le système devait servir à éviter les tâches sur les vêtements (le manganèse en trop grande quantité rend l’eau brunâtre).



[1] On trouve du manganèse principalement dans le seigle, le riz complet, le soja, l'avocat, les haricots verts, les épinards, les noix, l'huile d'olive, le jaune d'œuf, les huîtres, le thé et les herbes de Provence.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus