Eau potable: 44 zones stratégiques définies en Rhône-Alpes

Le 05 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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Comme tous les grands fleuves, le Rhône possède sa nappe d’accompagnement. Elle s’étend du Bugey à la Camargue et alimente 2,3 millions de personnes en eau potable. C’est dire son importance!

Au total, ce sont ainsi 181 millions de m3 d’eau par an qui sont prélevés de 291 puits. Mais la «ressource est fragile» précise l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse dans un communiqué publié le 4 juillet qui a identifié 44 zones stratégiques de production à protéger.

L’effet filtre des berges, du lit du fleuve et des sols, ainsi que les capacités d’autoépuration, de dilution et de dispersion au sein des alluvions font que «cette eau est de qualité bien supérieure aux eaux du fleuve grâce à la protection naturelle dont elle bénéficie. Elle est souvent de qualité potable dès le pompage, sans traitement».

L’Agence de l’eau annonce vouloir donc stopper la dégradation de ressources «aujourd’hui d’excellente qualité mais irremplaçables pour l’alimentation en eau potable». Elle souhaite également garantir la qualité de cette eau sur le long terme, sans risque pour la santé et enfin prévenir la pollution plutôt que la traiter ce qui permet d’éviter les impasses techniques et de réduire les coûts de traitements de l’eau brute.

En effet, les pollutions industrielles, artisanales ou agricoles (solvants, hydrocarbures, pesticides, nitrates…) menacent certains captages et ont déjà provoqué leur fermeture comme ce fut le cas à Saint-Péray, en Ardèche. Ailleurs, certaines collectivités ont dû installer des dispositifs onéreux de dépollution pour distribuer une eau potable.

 
L’Agence invite donc les collectivités de chacune de ces 44 zones stratégiques à les protéger en les inscrivant dans leurs documents d’urbanisme: PLU (plans locaux d’urbanisme), SCOT (schémas de cohérence territoriale), contrats de milieux…
La directive cadre sur l’eau de 2000 demande de préserver les ressources destinées à la production d’eau potable pour permettre leur mise en distribution avec un minimum de traitement. Le SDAGE1 Rhône-Méditerranée a repris cet objectif et en assure ainsi une transposition dans le bassin versant «Rhône-Méditerranée». Plus récemment, en juillet 2010, la loi «Grenelle 2» a renforcé le principe de gestion intégrée de l’urbanisme et elle a prévu la prise en compte par les schémas de cohérence territoriale (SCOT) de la «préservation de la qualité de l’eau» et de la «prévention des pollutions».
L’Agence de l’eau vient donc d’adresser un courrier à chaque commune des zones concernées avec une plaquette de présentation de l’étude incitant à mettre en place des mesures de sauvegarde. Les collectivités pourront établir des scénarios de développement et des zonages orientant les projets d’aménagement et l’implantation d’activités à risque en dehors des zones stratégiques. Il s’agira, ensuite, de veiller à les faire respecter.
Les collectivités pourront également activer les outils dont elles disposent pour maîtriser les usages des sols (acquisitions foncières, périmètres de protection) et les usages de l’eau (autorisation de prélèvements…).
1 Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux, élaboré par le Comité de bassin et approuvé par le préfet de bassin en décembre 2009.
 


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