Eau: l’ONU alerte sur les risques de pénurie en 2030

Le 20 mars 2015 par Stéphanie Senet
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Le stress hydrique dans le monde en 2011
Le stress hydrique dans le monde en 2011

Alors que la Journée mondiale de l’eau se tiendra dimanche 22 mars, l’ONU publie son rapport annuel sur l’état de l’eau dans le monde. Un document qui identifie les principales menaces sur la ressource d’ici 2030, dont l’aggravation du stress hydrique.

 

Si rien ne change, la planète devra faire face à un déficit en eau de 40% en 2030. Tel est le message principal du nouvel opus onusien, axé sur le thème du développement durable[1] alors que les objectifs millénaires du développement (OMD) post-2015 seront finalisés en septembre à New York.

«Le stress hydrique touchera particulièrement des pays du Moyen-Orient, le nord de l’Afrique, les petits pays insulaires du Pacifique, plusieurs parties de la Chine et l’ensemble du pourtour méditerranéen», explique Richard Connor, l’auteur principal du rapport.

 

Irrigation en hausse

Si la demande en eau doit augmenter autant au niveau mondial, c’est parce que l’agriculture s’avère particulièrement gourmande. En Inde, par exemple, on comptait moins d’un million de puits mécanisés ou tubés en 1960. On en dénombre près de 19 millions aujourd’hui. Ce chiffre résume la subtile équation qui se pose à la planète: l’accès à l’eau est indispensable à la lutte contre la pauvreté mais la pression sur la ressource ne peut s’accroître indéfiniment.

D’ici 2050, l’ONU estime que l’agriculture devra produire 60% de nourriture supplémentaire au niveau mondial et 100% de plus dans les pays en développement. Pour satisfaire cette demande, il est urgent de revoir notre façon de consommer la ressource, en réduisant l’irrigation intensive, le rejet incontrôlé des pesticides et des produits chimiques dans les cours d’eau et en développant le traitement des eaux usées.

 

Des eaux souterraines de plus en plus salées

Conjuguée au changement climatique, la pression démesurée sur l’eau se manifeste aussi sur l’état des nappes phréatiques. La montée du niveau de la mer affecte en effet les eaux souterraines des régions côtières, contaminant les réserves de Calcutta (Inde), Shanghai (Chine) ou Dacca (Bangladesh). Même chose pour les insulaires habitant à Tuvalu ou à Samoa, dans le Pacifique, contraints d’importer de l’eau pour leur consommation.

 

Limiter certaines énergies

L’ONU-Eau met également en garde contre la trop grande gourmandise du secteur énergétique. Si les prélèvements d’eau douce destinés à la production d’énergie représentent aujourd’hui 15% du total mondial, ceux-ci augmenteront de 20% d’ici 2035! Bonne nouvelle, il est possible d’éviter cette envolée en maximisant l’efficacité de son utilisation dans les centrales électriques. «Il est également nécessaire de limiter la construction et le recours aux centrales thermiques, trop gourmandes en eau, mais qui représentent aujourd’hui 80% de la production électrique mondiale», suggère Richard Connor. Ce sont l’éolien et le solaire qui ont l’impact sur l’eau le plus faible.

 

De nouveaux OMD post-2015

Parmi les autres solutions, le rapport onusien cite la hausse des tarifs de l’eau, encore beaucoup trop bas pour limiter son utilisation excessive, la mise en œuvre de subventions pour aider le déploiement des systèmes d’irrigation moins gourmands, et le recyclage accru des eaux usées.

Au niveau mondial, l’établissement de nouveaux OMD post-2015 pourrait aussi stimuler les changements. «Nous espérons que 6 OMD cibleront l’eau, au-delà de l’actuel accès à l’eau potable et à l’assainissement pour les populations», espère Michela Miletto, directrice de l’ONU-Eau. «Il faut cibler la durabilité de l’usage, le partage des bénéfices, la qualité de l’eau, la gestion des eaux usées et réduire les risques liés aux inondations. Sans eau, il est impossible d’atteindre les autres OMD», conclut Richard Connor.



[1] Les prochains rapports seront ciblés sur l’eau et l’emploi (2016) et sur les eaux usées et polluées (2017)

 



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