Eau: l’Anses veut abaisser le seuil de la bromadiolone

Le 07 novembre 2012 par Romain Loury
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La chouette effraie peut aussi être victime de la bromadiolone.
La chouette effraie peut aussi être victime de la bromadiolone.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) propose d’abaisser la valeur-limite dans les eaux de consommation de la bromadiolone, un rodenticide hautement toxique, dans un avis publié fin octobre. Utilisé contre les campagnols et les mulots nuisibles pour les cultures, ce produit ne dispose ni d’une dose journalière admissible (DJA), ni d’une dose de référence aigüe (ARfD).

Aucune exposition du consommateur n’est en effet attendue, le produit étant réservé aux zones non cultivées. Seules valeurs, deux niveaux acceptables d’exposition pour l’opérateur (AOEL) -l’un aigu, l’autre à court-terme/chronique-, et une valeur-limite dans les eaux de consommation, de 0,1 microgramme par litre, fixée dans la directive 98/83/CE. Dans son avis, l’Anses propose de revoir ce seuil à la baisse, «pour tenir compte de la très forte toxicité de la bromadiolone». Alors que le chiffre de 0,016 µg/l a été proposé au niveau européen, l’agence propose d’aller jusqu’à 0,004 µg/l, valeur mentionnée dans le rapport d’évaluation publié en 2010 par la Suède, pays rapporteur sur la bromadiolone.

Selon les simulations effectuées lors de cette évaluation, les concentrations estimées dans les eaux souterraines seraient inférieures à 0,001 µg/l. «Avec la valeur réglementaire proposée la plus basse de 0,004 µg/l, les risques de contamination des eaux souterraines par la bromadiolone seraient acceptables», juge l’Anses. Objet initial de cet avis, réalisé sur saisine de la Direction générale de l’alimentation (DGAL), un projet d’arrêté visant à instaurer un nouvel encadrement national de lutte contre les campagnols et les mulots. L’agence y propose de nouvelles précautions d’usage, dont l’information des personnes fréquentant des lieux situés à proximité des lieux de traitement, ainsi qu’une collecte quotidienne des animaux morts.

Par cette dernière préconisation, il s’agit de prévenir l’«intoxication secondaire», celle d’animaux non ciblés par la bromadiolone se nourrissant de cadavres de campagnols. Tels ces 33 milans royaux, espèce pourtant protégée, retrouvés morts depuis l’automne 2011 dans des communes du Puy-de-Dôme ayant autorisé le traitement. Cette situation avait incité le préfet du Puy-de-Dôme à suspendre l’autorisation de la bromadiolone dans 22 communes, interdiction finalement levée en mars.

Mi-avril, la Ligue de protection des oiseaux (LPO), dont le rodenticide est l’un des chevaux de bataille, a annoncé avoir déposé plainte contre la France auprès de la Commission européenne, au motif qu’elle ne s’engagerait pas assez pour la protection du milan royal.



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