Eau et énergie : quelles synergies ?

Le 23 novembre 2010 par Célia Fontaine
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 L’eau pour l’énergie, l’énergie pour l’eau : quelles synergies pour demain ? Tel était l’objet du colloque organisé le 23 novembre par le Cercle français de l’eau (CFE).

« Nous avons urgemment besoin d’une nouvelle culture commune de l’eau et de l’énergie », a déclaré Jean Gaubert, député socialiste des Côtes d’Armor et co-président du CFE, en ouverture des discussions. « Il n’est pas possible d’extraire les énergies fossiles sans eau, ni de refroidir les centrales, nucléaires ou classiques, ou d’avancer en agriculture sans elle », a-t-il rappelé. Mais il faut également garder à l’esprit que marier les deux peut s’avérer difficile dans la mesure où l’eau se stocke mais ne se transporte pas, tandis que l’électricité peut se transporter mais ne se stocke pas…

Lors du forum mondial de l’eau de 2009 qui s’était tenu à Istanbul, il est apparu que les questions de l’eau et de l’énergie sortaient désormais du cadre technique au sein duquel elles avaient toujours été jusque-là, pour « embrasser le champ du politique, c’est-à-dire de la citoyenneté, de l’avenir de la planète et de la gouvernance », poursuit Jean Gaubert.

Ce constat va de pair avec l’émergence au niveau mondial des notions de « droits essentiels ». Chaque être humain a en effet droit à des services essentiels parmi lesquels se situent en priorité l’eau, l’assainissement et l’énergie. Or on sait que dans les faits, près d’un milliards de personnes n’a pas accès à l’eau potable, et 2,6 à l’assainissement. Et selon le rapport de septembre 2010 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), 1,4 milliard n’a pas accès à l’électricité. Le plus souvent, ce sont les mêmes. Alors comment concilier ces besoins lorsque la demande croissante pèse sur la disponibilité des ressources ?

Ces questions seront à l’ordre du jour du prochain forum mondial de l’eau de 2012, à Marseille.

En attendant, « il faut que les professionnel du secteur de l’eau et de l’énergie travaillent davantage ensemble que par le passé », estime Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau. « Pourquoi ne pas créer un paquet Eau-énergie-climat et un Fonds mondial sur les ressources rares alimenté par la taxe sur les transactions financières, pour financer la réalisation d'infrastructures en eau et en assainissement dans les pays les plus pauvres ? », propose-t-il.

Une synergie existe déjà dans le domaine de l’hydroélectrique. Anne Penalba, présidente de France Hydro-électrique a rappelé qu’il est possible de faire travailler les différents acteurs de l’eau et de l’électricité ensemble. La « Convention d’engagements pour le développement d’une hydroélectricité durable » signée le 23 juin dernier en est la preuve. Le texte vise l’accroissement de la production hydroélectrique de 3 térawattheures (TWh) par an d’ici 2020, tout en atteignant le bon état d’au moins 66 % des masses d’eau en 2015 (dans le JDLE). La démarche a été validée par certaines associations environnementales. « Les conflits concernant l’impact des barrages sur la biodiversité et surtout les espèces migratrices ont finalement débouché sur une coopération », explique Martin Arnould, du WWF France. La convention est une avancée dans le sens où un label « hydroélectricité durable » a été créé, à l’instar du label FSC pour les forêts, explique-t-il.

Du côté d’EDF et de la Lyonnaise des eaux, on estime qu’il faut encore améliorer les techniques qui permettraient, par exemple, d’utiliser moins d’eau pour refroidir les centrales, ou celles visant à mieux utiliser les calories des eaux usées pour produire de l’énergie. Pour Serge Lepeltier, ancien ministre de l’environnement, il est urgent de développer davantage de stations de transfert d'énergie par pompage (Step), pour lesquelles un dispositif artificiel permet de pomper l'eau d'un bassin inférieur vers un bassin supérieur.

Autre question soulevée au cours de ce colloque : peut-on gérer en commun les réseaux d’eau et d’électricité ? C’est ce qui est fait par exemple en Allemagne, à Rostock, ou au Maroc, à Rabat ou Tanger. « Il y a une seule et même facture pour l’eau, l’électricité et l’assainissement », explique Patrice Fonlladosa, directeur Partenariats stratégiques à Veolia Environnement. La mutualisation permet de diviser les coûts. Mais l’inconvénient n’est pas des moindres : si l’usager ne paie pas sa facture d’eau par exemple, c’est son eau et son électricité qui seront coupées… D’autre part, une facture unique manque de transparence, le détail des prestations n’étant pas toujours communiqué.



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