Eau du robinet et eau en bouteille: la comparaison

Le 19 février 2007 par Agnès Ginestet
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verre eau 2
verre eau 2

Suite à la polémique opposant la marque Cristaline au Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif) (1), le JDLE remonte «à la source» pour analyser ce qui oppose et ce qui rapproche les deux types d’eau.

Baryum, arsenic, chrome, nitrates ou entérocoques: qu'elle soit distribuée ou embouteillée, l'eau que l'on consomme doit respecter les teneurs maximales imposées par la réglementation française (2). Au total, 54 paramètres chimiques et microbiologiques sont testés. Monique Chotard est directrice du Centre d'information sur l'eau (C.I.EAU), qui rassemble la majorité des sociétés qui gèrent les services d'eau et d'assainissement en délégation en France (Lyonnaise des eaux, Saur, Veolia Eau France). Pour elle, il est impératif de rappeler que «l'eau du robinet est le produit alimentaire le plus contrôlé et en boire est sans danger pour la santé». «En France, sur certains paramètres, on a des valeurs bien inférieures aux valeurs guides de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)», ajoute-t-elle.

«L'eau de source, y compris la Cristaline, répond aux mêmes critères de qualité que l'eau du robinet. La différence majeure entre les deux est que la première ne peut pas être traitée», explique Philippe Vigouroux, du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). En France, l'eau du robinet provient à 60% de ressources souterraines, et à 40% de ressources superficielles (lacs, rivières…), où les risques de pollution sont souvent plus importants. Le nombre de traitements appliqués dépend de la qualité de l'eau brute. A titre préventif, du chlore est systématiquement ajouté pour éviter toute contamination par des germes lors du transport dans les canalisations. Des impacts sanitaires néfastes liés à l'exposition à certains sous-produits du chlore sont certes suspectés dans certaines études (3). Mais pour Monique Chotard, il est «anormal de paniquer à ce sujet et on n'a rien trouvé de mieux que le chlore jusqu'à présent pour protéger la santé publique (4)». Elle insiste aussi sur la nécessité de «donner du soin à l'eau», en ne la laissant pas pendant plusieurs jours dans un verre, en nettoyant les carafes régulièrement et en mettant l'eau au frais.

L'eau embouteillée provient, elle, à 100% de gisements souterrains, où les teneurs en métaux et autres substances contrôlées sont naturellement inférieures aux normes de potabilité. «Vous partez d'une ressource plus protégée, naturellement meilleure. Mais in fine, le consommateur dispose d'une eau de qualité sanitaire, qu'elle soit en bouteille ou au robinet», explique Philippe Vigouroux. Une eau de source contenant des nitrates peut par exemple être mise sur le marché tant que la concentration est inférieure ou égale à la limite de qualité de 50 milligrammes par litre (mg/l).

«Il faut conserver l'excellence des eaux qui sont embouteillées. Les 60 sites d'eau minérale et les 50 sites d'eau de source que possède la France constituent une véritable richesse patrimoniale», souligne Philippe Vigouroux. Pour continuer à faire connaître l'eau française à travers le monde, il est donc important selon lui de conserver les deux types d'eau, en bouteille et du robinet.



(1) Voir l'article du JDLE: «L'eau en bouteille contre l'eau du robinet»

(2) Décret n°2001-1220 du 20 décembre 2001 relatif aux eaux destinées à la consommation humaine, à l'exclusion des eaux minérales naturelles, JORF du 22 décembre 2001, qui met en conformité le droit français avec la directive européenne du 3 novembre 1998

(3) Voir les articles du JDLE «Lien entre cancer de la vessie et exposition à l'eau chlorée» et «De nouvelles nitrosamines identifiées dans l'eau potable»

(4) Directives de qualité pour l'eau de boisson OMS p. 853







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