Eau du robinet: 100.000 cas de cancer aux Etats-Unis

Le 23 septembre 2019 par Romain Loury
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Un sur-risque de 4 cas pour 10.000 personnes
Un sur-risque de 4 cas pour 10.000 personnes

Aux Etats-Unis, l’eau du robinet pourrait être à l’origine d’au moins 100.000 cas de cancer, en raison de la présence de produits cancérogènes tels que l’arsenic et certains sous-produits de désinfectants, révèle une étude publiée dans la revue Heliyon. Ce qui est du même ordre de grandeur que le risque cancéreux lié à la pollution de l’air.

L’étude menée par Sydney Evans, de l’ONG Environmental Working Group (EWG), et ses collègues est la première à évaluer le risque cancéreux lié à la consommation du robinet, en analysant ses polluants de manière cumulée. Pour cela, les chercheurs ont analysé les taux de 22 substances cancérogènes dans 48.363 échantillons d’eau prélevés à travers le pays, extrapolant ainsi le sur-risque de cancer.

Selon leurs résultats, l’eau du robinet serait liée à un sur-risque compris entre 1 cas pour 1.000 personnes et 1 cas pour 10.000 personnes, ce qui est similaire aux effets de la pollution de l’air. A l’échelle du pays, le sur-risque moyen est de 4 cas pour 10.000 personnes, soit 100.000 cas de cancer parmi les 86% d’Américains raccordés à un système d’eau public –les 14% restants recourent à des puits privés.

Arsenic et désinfectants en première ligne

Selon les chercheurs, les principaux responsables sont l’arsenic et les sous-produits de désinfectants, tels que le bromodichlorométhane, le chloroforme et l’acide trichloroacétique. C’est d’ailleurs dans les Etats de l’ouest, les plus chargés en arsenic (notamment le Nouveau-Mexique, l’Arizona et le Nevada), que le risque est le plus élevé, de l’ordre de 1 cas pour 1.000 personnes.

Parmi les 22 polluants examinés, les chercheurs ont également analysé des éléments radioactifs, tels que le radium 228, le radium 226, l’uranium, le strontium 90 et le tritium, ainsi que plusieurs composés organiques volatiles (COV). D’autres, tout aussi cancérogènes, n’ont pu être étudiés, faute de données suffisantes: les pesticides, les nitrosamines, les substances per- et polyfluoroalkylées. Ce qui, selon les chercheurs, suggère que le risque pourrait être encore plus élevé.



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