Eau d’Atlanta: départ de Suez regretté

Le 18 avril 2005 par Ludivine Hamy
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Atlanta
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Suite à la résiliation du contrat d’exploitation de l’eau détenu depuis 1999 par la société française Suez, la municipalité d’Atlanta se rend compte que la privatisation n’était pas forcément une mauvaise solution.

En avril 2003, United Water, la filiale de Suez, qui produisait et distribuait l'eau potable aux deux millions d'habitants d'Atlanta, a dû cesser ses activités. En cause: la rentabilité jugée insuffisante par la maire Shirley Franklin et le conseil municipal qui reprochaient à United Water Services de rapporter moins d'argent que prévu à la ville. Après le départ de la filiale de Suez, le City of Atlanta Office of Water a repris en main la gestion de l'eau. Un audit interne de la ville, rendu public en novembre 2004, révèle que la décision de la municipalité n'était pas forcément la meilleure en termes de rentabilité.

En effet, l'audit montre que les prix de l'eau ont fortement augmenté depuis 2003, une hausse estimée à cinq millions de dollars par mois à l'échelle de la ville. Désormais, chaque abonné, quel que soit le volume consommé jusqu'à une limite de 17 mètres cubes, doit payer un montant forfaitaire minimum de 20,49 dollars (soit 18,9 euros). En outre, a été créée une nouvelle taxe, dite de Homeland Security, de 0,15 dollar (0,1 euro) par CCF (1) qui s'ajoute maintenant à la facture de chaque particulier. Par comparaison, lorsque la filiale de Suez était responsable de l'exploitation, le prix de l'eau était resté inchangé à 3,10 dollars (2,4 euros) par CCF.

L'audit révèle également que le taux d'encaissement des paiements dus par les abonnés au réseau a considérablement chuté et atteint désormais un niveau inférieur à celui de United Water (91,7% contre 95% en moyenne pour la filiale de Suez), alors que dans son Competitive Business Plan de 2003, la ville se fixait un objectif de 98,5%. Parallèlement, le total des revenus non encaissés par la ville, entre mai 2003 et août 2004, a augmenté de 26,6 millions de dollars (20,6 millions d'euros) pour atteindre 80,7 millions de dollars (62,5 millions d'euros).

Autre dysfonctionnement de taille: la ville ne sait pas gérer les mauvais payeurs. En effet, la réglementation en vigueur exige qu'à défaut de paiement, les mauvais payeurs, généralement des particuliers, soient déconnectés 30 jours après la date limite de règlement de la facture. Or la ville a attendu une moyenne de 10 mois avant d'agir en ce sens. Et dans certains cas, la ville a reconnecté les délinquants sans qu'ils aient même payé leur facture. Dans le sillon de cette dérive administrative, plus de 7.000 clients résidentiels ont pris pour habitude de ne plus payer leur facture d'eau entre mai 2003 et septembre 2004, alors même qu'ils continuaient à recevoir leur eau, tandis qu'un quart des 148.500 comptes résidentiels payait régulièrement leur facture en retard.

Les autorités municipales expliquent ces défaillances par la négligence de la société sous-traitante chargée de la relève et de la maintenance des compteurs. Ainsi, l'exemple de la ville d'Atlanta remet sérieusement en cause la doctrine des nombreux opposants de la privatisation des services l'eau qui font de la hausse des tarifs leur argument principal. Pour les services de la Mission économique française de Houston, «ces modes de gestion de l'eau sont encore peu développés dans les grandes agglomérations américaines, mais le cas d'Atlanta en fera, à n'en pas douter, réfléchir plus d'un».

(1) L'unité américaine utilisée est la centaine de pieds cubes –ou CCF– qui équivaut à 2,8 mètres cubes



Source: Mission économique française de Houston

Contact : christian.ndomba@missioneco.org




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