E.ON–RWE: un accord qui préfigure le secteur électrique du futur?

Le 12 mars 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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A terme, E.ON abandonnera la production.
A terme, E.ON abandonnera la production.
E.ON

Les deux énergéticiens vont se positionner différemment.

 

Quand deux frères ennemis signent un contrat, il y a du mouvement dans l’air. Dimanche 11 mars, E.ON et RWE ont conclu un accord qui pourrait restructurer le marché électrique allemand, voire européen.

Au terme de trois mois de négociation, les deux géants allemands de l’énergie sont convenus de précéder à un gigantesque échange d’actifs qui devrait s’achever à la fin de l’année prochaine, après accord des conseils d’administration et des autorités allemandes et européennes en charge de la concurrence. D’une valeur de 60 milliards d’euros, ce deal s’effectuera en deux étapes.

Deux étapes

Premier temps de l’opération ‘ligne sous tension’, E.ON récupérera 76,8% du capital d’Innogy, la filiale Renouvelables de RWE. En contrepartie, RWE prendra 16,7% des parts sociales de son concurrent, après une augmentation de capital.

Par la suite, E.ON rétrocédera tous les actifs renouvelables à RWE (soit près de 9 gigawatts de centrales solaires et éoliennes en exploitation et 1 GW en construction), ainsi que ses parts dans leurs centrales nucléaires communes (Emsland et Gundremmingen).

858.000 km de réseaux

Au passage, E.ON conservera les activités de réseaux et de commercialisation d’Innogy, qui s’ajouteront à ses 858.000 kilomètres de réseaux électriques et gaziers. Fortement réglementée, l’activité réseau apporte déjà 57% de ses bénéfices au groupe rouge et blanc.

Ce faisant, le groupe basé à Essen semble abandonner la production d’énergie au profit de sa distribution et de sa commercialisation. Amorcé en 2014, ce mouvement avait abouti à la cession à Fortum, en septembre 2017, de ses activités ‘charbon’, regroupées dans Uniper. D'autres groupes, tel EnBW, imaginent pourtant se séparer de leur production d'énergie.

Bouquet à revoir

RWE fait le pari inverse en se focalisant sur la production d’électricité. Un choix qui, en son temps, a valu bien des déboires à certains électriciens britanniques. Le groupe bleu et blanc disposera alors d’une capacité installée de près de 50 GW, composé à 36% de charbon et lignite, de 29% de gaz, 25% d’énergies renouvelables et de nucléaire. Un parc dont l’électricien reverra sans doute la composition. RWE prévoit en effet de diviser par trois ses émissions de CO2 entre 2012 et 2030.



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