E.ON et RWE renoncent au nucléaire britannique

Le 29 mars 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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E.ON et RWE préfèrent investir dans les ENR.
E.ON et RWE préfèrent investir dans les ENR.

C’est un coup dur pour le gouvernement britannique. E.ON et RWE ont annoncé, aujourd’hui 29 mars, vouloir se séparer de leur filiale commune britannique Horizon Nuclear Power, créée en janvier 2009.

Concrètement, cela signifie que les deux énergéticiens allemands ne construiront pas les 6.000 mégawatts de capacité nucléaire au Royaume-Uni d’ici 2025, initialement prévus. Un projet de 15 milliards de livres (18 milliards d’euros).

Plusieurs raisons expliquent le choix des deux énergéticiens. Suite à l’accélération de la sortie du nucléaire en Allemagne, les deux groupes se restructurent. Après avoir changé de direction, les deux frères ennemis de l’énergie allemande ont choisi de tout miser sur les énergies renouvelables (ENR).

L’automne dernier, E.ON a annoncé vouloir investir 7 Md€ dans les ENR, en Europe, d’ici 2016. RWE va tripler sa capacité de production à partir des renouvelables (qui représentera 21% de son mix) d’ici à 2014. Coût pour le plus gros émetteur de CO2 européen : 4 Md€.

Mais l’arrêt du nucléaire allemand n’est pas tout. Depuis plusieurs années, les entreprises intéressées par la relance du nucléaire civil britannique tentent d’obtenir de Londres des aides publiques, plus ou moins directes. Ce qu’ont toujours refusé les deux dernières administrations.

De plus, de nombreuses incertitudes pèsent encore sur la politique de gestion des déchets et de démantèlement des centrales nucléaires, au Royaume-Uni. De quoi y penser à deux fois avant d’investir. D’autant que la crise a rendu les levées de fonds beaucoup plus difficiles qu’il y a quelques années.

Quoi qu’il en soit, la décision d’E.ON et de RWE rend pratiquement inatteignable l’objectif principal fixé à la politique énergétique britannique. La directive européenne sur les grandes installations de combustion oblige les pays membres à fermer leurs installations les plus polluantes d’ici 2015. Si l’on y ajoute les réacteurs dont la fin de vie est programmée pour 2020, le Royaume-Uni devra mettre en service plus de 20 gigawatts de nouvelles capacités de production d’ici 2020.

D’autant que les choses ne s’annoncent pas mieux chez les concurrents de Horizon Nuclear Power. En septembre dernier, Scottish and Southern Energy a vendu les 25% des parts du capital de NuGeneration, le consortium nucléaire réunissant GDF Suez et Iberdrola. Officiellement, «NuGen» veut toujours construire 3,6 GW de capacités nucléaires à Moorside. Jusqu’à quand?

Seule EDF Energy, la filiale britannique de l’opérateur historique français, entend encore bâtir deux réacteurs EPR sur son site de Hinkley Point C.

Avec la décision annoncée ce matin, c’est près du tiers de ce programme qui tombe à l’eau. En 2011, les centrales nucléaires britanniques ont produit 11% de l’électricité consommée dans le royaume.

 

 



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