E.ON et le Parc national des Cévennes partenaires pour la centrale de Gardanne

Le 10 janvier 2014 par Marine Jobert
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La centrale d'EON de Gardanne entre dans une nouvelle phase.
La centrale d'EON de Gardanne entre dans une nouvelle phase.
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35.000 tonnes de bois par an. C’est le volume que l’énergéticien E.ON espère sortir des forêts cévenoles à l’horizon 2025 pour alimenter sa centrale de Gardanne (Bouches-du-Rhône), qui devrait produire ses premiers mégawattheures dans un an. A partir de 2025, ce seront près de 855.000 tonnes de biomasse[1] qui seront brûlées chaque année, pour une puissance de 150 mégawatts. Enjeu majeur du projet pour E.ON: s’approvisionner en biomasse locale, comme le lui impose la Commission de régulation de l’énergie (CRE). C’est dans cette optique qu’un protocole de travail vient d’être conclu entre l’industriel et le parc national des Cévennes. Ce document, ratifié à Florac le 8 janvier, «fixe les actions à mettre en œuvre pour identifier les possibilités de rapprochement entre la préservation des enjeux de territoire identifiés dans la charte du parc et l’approvisionnement de la centrale. Selon le résultat de cette première étape, un partenariat pourra être engagé pour mettre en œuvre les actions qui permettront d’atteindre ce double objectif».

 

Sortir 35.000 t de bois/an, cela revient à effectuer «de 200 à 1.000 hectares de coupes de régénération et d’éclaircie sur un massif forestier d’environ 150.000 ha», précisent le parc et E.ON dans un document commun. «Le projet constitue une opportunité majeure pour la valorisation économique et pour la gestion des milieux, à la condition de garantir un retour de la valeur ajoutée locale et le respect des enjeux patrimoniaux et paysagers», précise le parc.

 

Ni maquignon, ni VRP

75% de la surface du parc national est détenue par des propriétaires privés. «Ce n’est pas le parc qui va vendre le bois, précise-t-on chez E.ON. Sa mission consistera à proposer aux propriétaires des projets de développement.» Est-ce la mission d’un parc national de se muer en VRP pour les intérêts d’une entreprise privée? «Le parc n’est ni un maquignon, ni dans une approche de VRP, assure-t-on chez l’énergéticien. Il estime qu’il a une mission d’information sur un projet qui impacterait son territoire. Par ailleurs, vous trouverez peu d’industriels qui ont développé des stratégies d’approvisionnement pour exploiter une ressource inexploitée avec de telles garanties de gestion durable.»

Car il s’agit de ménager la chèvre et le chou: à savoir préserver l’approvisionnement local, la biodiversité et les paysages d’un côté, tout en stimulant une offre efficace de la part des propriétaires de parcelles et de la filière bois de l’autre. «Souhaitons que cette action partenariale fasse naître des pratiques qui permettent de répondre aux défis énergétiques de demain tout en maintenant la beauté de nos territoires», résument les signataires.

 

Partenariat crucial

Ce premier partenariat, s’il prospère, servira d’exemple, voire de vitrine, à d’autres entités forestières ou à des collectivités qui ont jusqu’ici exprimé de fortes réserves face aux besoins importants de la future centrale. C’est notamment le cas de la puissante fédération des communes forestières, mais aussi du Pays de Haute Provence, ou des chartes forestières de territoire de la réserve de biosphère Luberon-Lure. Ces derniers ont récemment adopté une motion sans détour. Extraits: «Ces projets [avec celui de centrale thermique d’Inova Var Biomasse à Brignoles] risquent de déséquilibrer un marché et des filières encore fragiles, voire d’anéantir les efforts consentis par la puissance publique et relayés par les territoires au cours des dernières années. Ils entrent en concurrence avec l'ensemble de la filière bois, dont l’usine de pâte à papier de Tarascon, ainsi que la filière biomasse locale. Les conséquences de cette pression nouvelle sur la ressource résineuse sont déjà visibles sur le terrain, avec le démarchage de petits propriétaires forestiers privés qui sont invités à faire exploiter leurs bois, sans aucune garantie de prise en compte des enjeux paysagers et écologiques, ni certification de gestion forestière durable». Le président du parc naturel régional du Luberon, notamment, a signé cette motion, qui apporte son soutien «aux mouvements citoyens contre de tels projets gigantesques qui représentent une menace pour le paysage, la biodiversité et la santé des populations par la pollution qu'ils engendrent».

 



[1] Dont 445.000 tonnes de bois issus d'opérations sylvicoles, 325.000 tonnes de bois issus de la collecte des élagages et entretiens urbains, entretien de bords de route et de rivières et 85.000 tonnes de bois de recyclage.

 

 

 



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