E.ON construira bien la plus importante centrale à biomasse de France

Le 16 mai 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Préfiguration des installations de la centrale à bois.
Préfiguration des installations de la centrale à bois.
E.ON France

Après des mois d’atermoiements, la décision est prise.

E.ON France lance la construction de la plus grande centrale à bois de France à Gardanne (Bouches-du-Rhône), a-t-il annoncé, ce 16 mai, par voie de communiqué. Ce projet consiste à reconvertir l’une des chaudières de la centrale à charbon (fermée le 31 mars dernier) en une centrale à bois de 150 mégawatts.

Deux contrats viennent d’être signés avec le groupe sud-coréen Doosan pour la partie chaudière et turbine, et avec le groupe RBL-REI pour la plate-forme de stockage.

Lancé il y a deux ans par la filiale française de l’énergéticien allemand, l’opération représente un investissement de plus de 230 millions d'euros; lequel n’est pas encore bouclé. Le communiqué indique toutefois que CDC Infrastructure, filiale d'investissement dans les transports, télécoms, énergie et environnement de la Caisse des dépôts, pourrait prendre «une participation significative» dans le projet. «Le fait que CDC nous autorise à les mentionner dans le communiqué prouve leur intérêt pour le projet», indique Jérôme Dupont, secrétaire général adjoint d’E.ON France.

L’obstacle financier n’est d’ailleurs pas le seul que l’énergéticien devra surmonter. L’un des principaux sera l’approvisionnement en combustible de Provence 4 Biomasse. La Commission de régulation de l’énergie impose à l’industriel que l’intégralité de la biomasse soit d’origine régionale dans un délai de 10 ans. Pas simple si l’on se souvient que la chaudière LFC en consommera 850.000 tonnes par an.

Pour sécuriser ses livraisons, E.ON bâtit une filière complète: de l’abattage des arbres (qui à terme devront être prélevés dans des massifs certifiés FSC ou PEFC) jusqu’au transport, en passant par le séchage. L’entreprise mobilise aussi les propriétaires forestiers; les Cévenols, auxquels E.ON aimerait bien acheter des grumes de châtaigniers; les Provençaux qui pourraient lui apporter les déchets du débroussaillage du maquis.

En attendant, l’exploitant annonce avoir sécurisé 80% de ses approvisionnements, pour les premières années d’exploitation. Reste à trouver le reste. Au démarrage, E.ON importera 40% de ses besoins et trouvera les 60 autres pourcents dans un rayon de 400 km autour de l’installation marseillaise, «en évitant tout conflit d’usage», insiste Jérôme Dupont.

Cette reconversion, qui se fait dans le cadre de la fermeture de plusieurs tranches de centrales à charbon, avait fait l'objet d'incertitudes en raison notamment d'un conflit social et d'oppositions locales, qui jugeaient le projet démesuré par rapport au gisement de bois disponible en Provence. L’industriel avait obtenu toutes les autorisation nécessaires, fin 2012. Selon l'entreprise, le projet conduira à améliorer le bilan CO2 régional de 600.000 t/an.



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