E. coli O157: vacciner les bœufs pour protéger les hommes

Le 25 septembre 2013 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
De l'intérêt de vacciner les bovins
De l'intérêt de vacciner les bovins

Ces vaccins animaux n’en sont qu’à leurs balbutiements: seul un pays, le Canada, a accordé à l’un de ces vaccins (commercialisé par la société Bioniche Life Sciences) une licence d’utilisation. Aux Etats-Unis, deux sont en cours d’examen auprès de l’Animal and Plant Health Inspection Service (APHIS, qui dépend du département américain de l’agriculture), dont un fait l’objet d’une licence conditionnelle, d’une durée d’un an et sous surveillance obligatoire d’un vétérinaire [1].

Mais, même si les vaccins sont autorisés, l’intérêt économique des éleveurs à vacciner leurs bovins est quasi nul: dangereux pour l’homme, l’E. coli O157 n’a aucun effet sur les animaux. Résultat: au Canada, seuls 5% des élevages bovins seraient vaccinés. Autre écueil, il n’existe à ce jour aucune donnée concrète quant à l’effet préventif d’un tel vaccin animal sur la population humaine.

Ce flou n’aide pas les autorités, vétérinaires ou sanitaires, à prendre une décision, déplorent Louise Matthews, de l’Institute of Biodiversity, Animal Health and Comparative Medicine de Glasgow, et ses collègues. Du moins tant que l’intérêt de santé publique n’est pas prouvé, ce que les chercheurs écossais tentent de faire dans leur étude, menée sur 237 isolats humains d’E. coli et 481 autres prélevés dans les excréments de bovins.

Des vaccins anti-«supershedding»

Première découverte: les souches les plus virulentes chez l’homme, dont celles portant le marqueur génétique stx2, le sont non pas en raison d’une plus grande pathogénicité intrinsèque, mais parce qu’elles sont hébergées par l’animal en plus grande densité –phénomène appelé «supershedding». Une plus forte concentration qui favorise la transmission de l’animal à l’homme.

D’où l’efficacité renforcée qu’auraient les vaccins en termes de santé humaine: ces produits s’attaquent en effet surtout aux bactéries capables de «supershedding», donc celles les plus à risque pour l’homme. Pour un effet préventif de 50% chez le bovin, il faudrait donc s’attendre à une baisse de 85% du risque d’infection chez l’homme, calculent les chercheurs.

L’infection par E. coli O157 compte parmi les maladies alimentaires les plus dangereuses pour l’homme. En France, le syndrome hémolytique et urémique (SHU), sa complication la plus grave, a fait 162 victimes chez des enfants en 2011, dont 3 sont décédés, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS). Aux Etats-Unis, la bactérie engendrerait un coût social annuel de 600 millions de dollars (444,5 M€), hors dépenses liées au rappel des produits.

[1] En dehors de l’Amérique du Nord, le vaccin de Bioniche Life Sciences n’est autorisé qu’au Royaume-Uni, uniquement sous supervision d’un vétérinaire et dans les fermes ouvertes au public, chez des animaux non destinés à la consommation.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus