E. coli O104:H4: des touristes françaises infectées en Turquie

Le 01 février 2012 par Romain Loury
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Deux touristes françaises ont développé un syndrome hémolytique et urémique (SHU) au retour d’un voyage en Turquie en septembre 2011, des cas liés à la bactérie Escherichia coli O104:H4, révèle une étude de l’Institut de veille sanitaire (InVS) dans la revue Eurosurveillance.

Cette souche O104:H4 est à l’origine de l’une des plus grandes épidémies d’infection alimentaire jamais survenues, en l’occurrence par des graines de fenugrec provenant d’Egypte. Dressé fin juillet 2011, son dernier bilan s’établit à 3.910 personnes infectées en Europe, dont 3.785 en Allemagne, et 46 décès.

Or une bactérie très proche aurait de nouveau frappé, cette fois-ci en Turquie et de manière indépendante du foyer allemand, selon l’étude publiée par des chercheurs de l’InVS. Ses victimes: deux femmes d’une soixantaine d’années ayant développé un SHU fin septembre 2011 au retour d’un voyage organisé en Turquie, prises en charge au CHU de Caen.

S’il s’agissait bien d’une E. coli O104:H4, la souche isolée chez une des deux patientes s’est avérée «proche, mais pas identique» de celle qui a frappé l’Allemagne 4 mois auparavant [1]. L’enquête épidémiologique n’a permis d’identifier ni l’aliment infecté, ni le lieu, mais aucun des 22 touristes du groupe n’a fait état de graines germées [2].

Le cas de ces touristes françaises ne serait pas isolé, selon les informations obtenues par les chercheurs de l’InVS auprès de leurs confrères européens: deux Allemands et un Danois ont aussi contracté l’E. coli O104:H4 au retour ou à la fin d’un voyage entrepris cet été en Turquie.

Avant son explosion allemande au printemps 2011, cette souche jusqu’alors peu connue n’avait infecté que quelques touristes européens, revenant de Turquie, d’Afghanistan, d’Egypte ou de Tunisie. Selon les auteurs, il faudra désormais «être vigilant quant à une possible infection par [cette souche] chez les personnes présentant un SHU au retour de ces pays».

[1] Cette affaire n’a donc pas grand-chose en commun avec les 11 cas survenus en même temps que l’épidémie allemande dans la région bordelaise, une série confirmée comme foyer secondaire, également lié au fenugrec égyptien.

[2] Six autres personnes du groupe ont développé une diarrhée au tout début du voyage, mais les chercheurs considèrent qu’il s’agit d’un événement indépendant, non lié à l’E. coli O104:H4.
 



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