E. coli non-O157:H7 : une menace ignorée

Le 08 juin 2011 par Romain Loury
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Les souches de la bactérie E. coli de type non-O157:H7, toujours pas prises en compte par les autorités, sont fréquentes dans la viande de bœuf, selon une étude américaine.
 
S’il existe plus de 200 sérotypes connus d’E. coli productrices de shiga-toxines –ou Stec- [1], seul le plus fréquent, l’O157:H7, fait l’objet d’un contrôle alimentaire, aux Etats-Unis comme en Europe. D’autres sont pourtant aussi toxiques, tel l’O104:H4 qui sévit actuellement dans le nord de l’Allemagne. Fin avril au Japon, c’est de la viande de bœuf infectée par une souche O111 qui a entraîné 4 décès.
 
Or ces souches non-O157:H7 sont fréquentes dans la viande de bœuf, selon une thèse (http://dspace.lib.ttu.edu/etd/handle/2346/ETD-TTU-2011-05-1540) menée à l’université Texas Tech [2]. Lors de cette analyse, 5,9% des échantillons de bœuf étaient positifs pour au moins l’une de 4 d’entre elles (O26, O111, O103, O121). «Il existe suffisamment d’éléments suggérant une connexion entre la présence de ces pathogènes et les intoxications alimentaires», y considère son auteur, Jessie Vipham.
 
Même avant l’épidémie allemande, 80% des maladies diarrhéiques survenant dans le pays étaient liées à des souches non-O157:H7, rappelle-t-il. Et selon une étude menée au Nouveau Mexique, 64% des cas sporadiques (non épidémiques) d’infection par les Stec sont dus à des souches non-O157, contre 36% pour les O157.
 
Depuis plusieurs années, des experts appellent le département américain à l’agriculture (USDA selon l’acronyme anglais) à exercer un contrôle sur 6 souches (O26, O45, O103, O111, O121 et O140), au même titre que pour l’O157:H7. Une revendication qui semble enfin porter ses fruits: l’USDA a récemment mis au point des tests standardisés pour chacun de ces pathogènes.
 
En France, la part des souches non-O157 parmi les infections par des Stec est en hausse: de 10% pour 1996-2011 à 24% pour 2002-2008, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS). Une augmentation «probablement partiellement imputable à une amélioration de l’identification de ces sérogroupes», considère-t-il.
 
 
[1] En raison des symptômes qu’elles provoquent, les E. coli productrices de shiga-toxines (ou Stec) sont également appelées E. coli entérohémorragiques (EHEC).
[2] Ces travaux seront présentés cet été au congrès annuel de l’International Association for Food Protection (IAFP).


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