E. coli : la surveillance américaine étendue à des souches non-

Le 14 septembre 2011 par Romain Loury
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Les Etats-Unis vont surveiller la présence alimentaire de 6 types d’E. coli productrices de shigatoxines (Stec) autres que la souche O157:H7, a annoncé le département américain à l’agriculture (USDA, selon l'acronyme anglais) au quotidien The New York Times.
 
Selon les centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), environ 64% des 265.000 infections par des Stec survenant chaque année aux Etats-Unis sont le fait de souches non-O157. Or, depuis 1994, seule la souche O157:H7, typique de la viande hachée, est officiellement interdite par l’USDA et fait l’objet d’une surveillance.
 
Cela fait pourtant plusieurs années que des associations de consommateurs demandent l’inscription des «Big Six» (O26, O45, O103, O111, O121 et O145) dans la liste des substances interdites. Alors que la décision était attendue depuis plusieurs mois, l’USDA a finalement sauté le pas, a annoncé dimanche 11 septembre le quotidien new-yorkais [1].
 
«Nous faisons cela pour prévenir des maladies et sauver des vies», a déclaré Elisabeth Hagen, à la tête de la sécurité sanitaire des aliments de l’USDA. «Dans la protection contre la contamination par le boeuf, c’est l’un des plus grands pas franchis depuis longtemps.»
 
Selon The New York Times, la mesure devrait prendre effet en mars 2012. Si certains producteurs ont déjà lancé leurs propres contrôles, d’autres ne devraient commencer que lorsque l’Etat s’y mettra, ajoute le quotidien.
 
Opposant déclaré à cette mesure, l’American Meat Institute (AMI), qui regroupe les producteurs américains de viande. Dans un communiqué, son vice-président James Hodges estime que «l’USDA va dépenser des millions de dollars à tester ces souches plutôt que de les affecter à des stratégies préventives beaucoup plus efficaces».
 
En France, le «paquet» Hygiène entré en vigueur en 2006 ne définit aucun critère microbiologique pour les Stec, pas même l’O157:H7. Selon le règlement européen n°2073/2005 auquel il se réfère, «l'application d'une norme microbiologique pour VTEC O157 dans le produit final n'entraînerait probablement pas de réductions sensibles du risque connexe pour les consommateurs».
«Le respect strict des règles d’hygiène générale avec limitation des contaminations fécales au cours de la production primaire, de l’abattage des animaux de boucherie et de la transformation des denrées alimentaires est un pré-requis essentiel», ajoute l’Anses dans un document consacré aux Stec.
 
[1] La souche O104:H4, en cause dans l’épidémie d’infection par E. coli survenue en mai-juin en Allemagne, ne figure pas parmi les «Big Six».


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