E. coli en Allemagne: les concombres espagnols se dégonflent

Le 01 juin 2011 par Romain Loury
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L’épidémie allemande d’infection par E. coli, qui aurait causé 373 cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) [1] et 15 décès, demeure d’origine inconnue, après que la piste des concombres espagnols a été écartée.
 
Coup de théâtre: les deux concombres andalous testés ne contiennent pas la souche O104:H4 d’E. coli, en cause dans l’épidémie de SHU qui sévit depuis une dizaine de jours dans le nord de l’Allemagne. Seule certitude à ce jour: les 1.169 infections, dont 373 ont évolué en SHU, semblent bien circonscrites à l’outre-Rhin.
 
Sur les 76 cas répertoriés hors-Allemagne -6 en France, dont aucun SHU, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS)-, tous avaient séjourné peu avant dans le pays. Idem chez les 15 personnes décédées [2], où le seul cas non-allemand (une Suédoise) revenait d’un voyage en Allemagne.
 
Outre son ampleur, l’une des particularités de cette vague d’intoxications réside dans la rareté de la souche. L’O104:H4 n’a été observée qu’une fois avant cela, en 2005 chez une femme de Corée du Sud, rapporte le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC, selon l’acronyme anglais) dans un bulletin de surveillance.
 
Le tableau de chasse d’O104:H4 diffère de la souche la plus commune dans les intoxications par E. coli, l’O157:H7, particulièrement redoutable pour les jeunes enfants. Parmi les victimes allemandes de la souche O104:H4, 87% sont des adultes, 68% des femmes, indique l’ECDC.
 
Après l’abandon de la piste andalouse, l’identification de la source est «une priorité absolue» pour le commissaire européen chargé de la santé et de la politique des consommateurs, John Dalli. Dans un communiqué, il indique que «le nombre de nouvelles infections semble décliner».
 
Victimes collatérales de l’O104:H4, les producteurs espagnols. Cités par l’Agence France Presse, des dirigeants de la Fédération espagnole des producteurs-exportateurs de fruits et légumes (Fepex) estiment les pertes à 200 millions d’euros par semaine, alors que toute l’Europe a cessé ses achats de fruits et légumes du pays. Quant à la ministre des affaires étrangères, Trinidad Jiménez, elle a déclaré vouloir «demander une indemnisation à la Commission européenne pour compenser le dommage financier qu'auront subi les producteurs».
 
Cette épidémie par E. coli, la plus importante ayant sévi en Allemagne, est en passe de devenir la troisième au niveau mondial depuis près de 20 ans. Devant elle, celle survenue en 1996 à Sakai au Japon (près de 12.700 personnes) en raison de radis contaminés, et celle de 2000 à Walkerton au Canada (2.300 personnes) avec de l’eau du robinet, indique le magazine américain Food Poison Journal.
 
[1] Selon l’InVS, la maladie «se manifeste d’abord par de la diarrhée souvent avec du sang, des douleurs abdominales et parfois des vomissements» qui évoluent, après une semaine environ, vers le SHU. Il s’accompagne d’une «grande fatigue, de pâleur, d’une diminution du volume des urines (..), et parfois de convulsions». Chez les enfants, le SHU constitue la première cause d’insuffisance rénale aigüe.
 
[2] Les chiffres divergent selon les sources: 10 pour la Commission européenne, 15 pour les autorités européennes, tandis que certains journaux ont cité le nombre de 16.


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