E. coli en Allemagne : crime parfait pour les germes de soja ?

Le 08 juin 2011 par Romain Loury
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L’origine de l’épidémie d’infections alimentaires par Escherichia coli reste inconnue, après qu’une nouvelle piste sérieuse, celle de germes de soja contaminés, semble réaliste mais difficile à prouver.
 
Avec près de 2.400 personnes infectées, plus de 620 cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) et 24 décès, cette vague d’infection par E. coli est la plus mortelle jamais recensée [1]. Si elle semble enfin sur le déclin, son origine demeure inconnue.
Une semaine après l’abandon de la piste des concombres espagnols, celle des germes de soja provenant de Bienenbüttel, petite ville à 70 kilomètres au sud de Hambourg, parait difficile à démontrer. Parmi les 40 échantillons testés à ce jour, 23 se sont avérés négatifs à ce jour.
 
Une absence de preuve, et non une preuve d’absence, selon Christophe Nguyen-The, spécialiste de microbiologie des aliments d’origine végétale à l’Institut national de recherche agronomique (Inra). «Les lots testés n'ont rien à voir avec les lots qui ont été vendus et consommés il y a trois semaines, auxquels les scientifiques n'ont plus accès», explique le chercheur dans une interview au Monde.
 
«Les contaminations sont en effet souvent occasionnelles, sur certains lots de graines en particulier», ajoute-t-il. Une difficulté inhérente aux crudités: elle ne s’est pas posée lors de précédentes affaires liées à des steaks hachés, qui se conservent surgelés.
L’enquête épidémiologique semblerait pourtant désigner assez clairement les crudités, en particulier les germes de soja. De plus, les graines germées constituent «un milieu très favorable au développement des bactéries», en termes d’humidité et de température, indique Christophe Nguyen-The. A la différence des fruits et légumes, «milieu très stressant» où elles sont exposées aux ultraviolets solaires.
 
Si l’enquête s’enlise, la recherche moléculaire sur la souche responsable, l’O104:H4, a livré des résultats plus probants. Selon l’Institut de génomique de Pékin, cette bactérie, dont c’est la première épidémie, serait à 93% similaire à une souche isolée en République centrafricaine, responsable de diarrhées sévères.
 
Cette souche originelle a intégré des séquences impliquées dans les colites hémorragiques et dans le SHU. Et en bonus, elle porte des résistances à plusieurs antibiotiques, qui rendent son traitement délicat.
 
 

[1] En nombre de cas, elle se situe loin derrière l’épidémie survenue en 1996 au Japon, avec près de 12.700 personnes rendues malades par des radis contaminés.



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