Durban: la position de la France

Le 22 novembre 2011 par Stéphanie Senet
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La conférence de Durban va réunir, à partir du 28 novembre, plus de 190 pays autour de la table des négociations du climat mondial. La Chine demandera une prolongation du protocole de Kyoto, Les Etats-Unis vont vraisemblablement émettre des réserves sur le Fonds vert. Mais qu’en est-il de la France?

Quel que soit l’indicateur, les signaux sont dans le rouge. Les concentrations de gaz à effet de serre atteignent de nouveaux records, les phénomènes climatiques extrêmes se développent. En clair, les négociations de Durban s’inscrivent dans un contexte pour le moins sombre, dans lequel plusieurs attentes étatiques s’expriment pourtant (JDLE http://www.journaldelenvironnement.net/article/les-attentes-de-durban,26049).

 
Les positions des Etats-Unis et de la Chine restent, bien sûr, au centre de toutes les attentions puisqu’ils émettent à eux seuls plus de 40% du CO2 anthropique.
 
Du point de vue européen, et notamment de la France, Durban présente trois enjeux principaux: consolider les rares acquis des précédentes conférences (Copenhague 2009 et Cancun 2010), concrétiser le Fonds vert et poser un nouveau cadre contraignant dans la foulée du protocole de Kyoto, dont la première période d’engagement prend fin le 31 décembre 2012.
 
Au chapitre des (maigres) avancées, la France souhaite aller plus loin sur les deux volets principaux conclus à Cancun, concernant l’action d’information sur le changement climatique à destination des pays du Nord et du Sud, et le système de soutien aux pays en développement. Pour rendre les décisions opérationnelles, une projection à l’horizon 2020, avec des objectifs chiffrés, serait à l’ordre du jour, ainsi qu’un système de suivi des actions mises en œuvre.
 
Au rayon des ambitions, la France mise, comme l’Union européenne, sur le Fonds vert. Un comité transitoire a été mis en place l’an dernier, avec des représentants des ministères des finances des Etats membres, mais il faut désormais aller plus loin et rendre opérationnel le système de financement. Lors de la dernière réunion du Comité transitoire, au Cap en octobre dernier, un consensus s’est dégagé en ce sens, à l’exception notable des Etats-Unis qui émettent, selon une source proche des milieux diplomatiques français, des réserves tactiques sur le futur statut juridique du Fonds vert. En clair, ils ne veulent pas valider son fonctionnement avant de connaître les objectifs de réduction… Ce fonds sera-t-il adossé à la Banque mondiale? Fonctionnera-t-il avec des fonds régionaux? Autant de questions qui seront posées à Durban, tout comme les conditions d’éligibilité des projets à lancer, et bien sûr des apports financiers, pour l’après-Kyoto. Au niveau mondial, 30 milliards de dollars (22,19 milliards d’euros) doivent être débloqués à l’issue de la période 2010-2012 (Fast-start) selon l’accord de Copenhague. Et l’objectif est d’atteindre 100 Md$ (73,98 Md€) par an en 2020. Pour donner un ordre d’idée, la contribution française au Fast-start représente environ 420 M€ par an (1,2 M$) sur trois ans.
 
La France serait par ailleurs prête à se mobiliser pour l’établissement de règles communes de comptabilisation. Si un consensus s’est établi sur les émissions de gaz à effet de serre (GES), d’autres indicateurs sont plus flous. Par exemple, sur quels critères se baser pour évaluer la protection de la forêt?
 
Enfin, au niveau des engagements contraignants, c’est le protocole de Kyoto qui revient sur le devant de la scène, à défaut d’autres mesures. Il reste le seul traité à fixer des objectifs précis de réduction de GES à la plupart des pays industrialisés. Si le Japon, la Russie et le Canada s’opposent à sa continuité, l’Union européenne appelle de ses vœux une nouvelle feuille de route qui s’appliquerait à toutes les grandes puissances. A Durban, elle espère voir aboutir un nouvel instrument juridique, plus général que Kyoto, qui s’appliquerait dès 2015 ou 2020. Entre-temps, le protocole de Kyoto pourrait se prolonger sur la période 2013-2018, en comprenant des objectifs différents selon les régions du monde, de façon à ne pas bloquer le processus.
 


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