Du perchlorate d'ammonium dans l’eau bordelaise

Le 20 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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L'agglomération bordelaise est privée pour une durée indéterminée de 25% de ses ressources en eau potable en raison d'une pollution au perchlorate d'ammonium. En effet, selon une dépêche AFP datée du 19 juillet, des taux importants de ce composé chimique ont été découverts fin juin dans des captages d'eau potable de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB). Par mesure de précaution, la CUB a donc décidé l'arrêt de certains pompages.

Ce sont des élus écologistes (EELV) de Gironde qui ont révélé ces informations en début de semaine. Des concentrations atteignant 30 microgrammes par litre ont été détectées au niveau des captages situés au nord du site industriel Safran (ex SME). Les analyses réalisées dans le cadre du processus de rachat de SME par le groupe aéronautique et de défense Safran ont révélé ces teneurs anormales. Le site, implanté dans la banlieue de Bordeaux, utilise le perchlorate d'ammonium pour la propulsion de missiles. L'Etat a validé le rachat de SME par Safran début avril.

La CUB, gestionnaire du service de l'eau en délégation avec la Lyonnaise des eaux, indique avoir procédé au confinement des captages pollués, afin de ne pas envoyer cette eau dans le réseau de distribution, et assure garantir à la population des taux ne dépassant pas 4 microgrammes par litre. «L'eau est parfaitement potable sur l'ensemble de l'agglomération et, tant que les taux ne sont pas satisfaisants, nous réorganisons la distribution de l'eau avec des captages plus importants sur d'autres zones», ajoute la CUB.

Une réunion d'urgence s'est tenue le 1er juillet en préfecture de Gironde et la Commission locale de l'eau (CLE), regroupant élus et associations, a été informée de ces taux anormalement élevés le 11 juillet. Une réunion exceptionnelle de la CLE est prévue jeudi 21 juillet.

Selon les élus EELV de Gironde, ce produit a un impact direct sur la santé car il détériore la thyroïde de façon irréversible. Ils entendent demander au président de la CUB de porter plainte parce que, selon eux, «il y a eu erreur ou négligence».

«Cela fait des années que du perchlorate d'ammonium et d'autres produits sont déversés dans les eaux. Nous voulons mettre le débat sur la place publique et demander au préfet des expertises sur l'ensemble des sites industriels militaires de la Gironde», déclare Gérard Chausset, président du groupe EELV de la CUB.

Le ministère de la Santé doit fixer prochainement des seuils admissibles de perchlorate d'ammonium dans l'eau. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) devrait recommander jeudi 21 juillet un seuil de 15 microgrammes par litre pour les adultes et de 4 microgrammes par litre pour les nourrissons entre 0 et six mois.

En attendant, selon Antoine Bousseau, directeur régional d'Aquitaine de la Lyonnaise des eaux, délégataire du service de l'eau pour la CUB, «il faudra des années pour que cette pollution se résorbe naturellement». Des traitements seront mis en place pour tenter de filtrer l'eau contaminée et ramener à quelques mois la privation de cette source d'alimentation en eau de l'agglomération. «Dans l'intervalle, des forages seront entrepris et des captages plus importants dans d'autres zones sont déjà en cours», complète Antoine Bousseau.

 


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