Du mercure comme s’il en pleuvait

Le 19 décembre 2011 par Geneviève De Lacour
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La terre arrosée de mercure quand il pleut. Le métal rejoint alors les cours d’eau, contamine les sols et entre dans la chaine alimentaire. Chaque année, des milliers de tonnes de vapeur de ce métal sont émis dans l’atmosphère. Mais que devient-il une fois dispersé?

Une étude publiée le 18 décembre dans la revue Nature Geosciences met en évidence, pour la première fois, le phénomène transformant dans l’atmosphère le mercure élémentaire en oxyde de mercure, un changement qui s’opère à la frontière entre la troposphère et la stratosphère. Une fois oxydé, le mercure peut facilement être précipité sur le sol et dans les eaux superficielles. A la surface du sol, les bactéries transforment l’oxyde de mercure en méthyl mercure, particulièrement toxique pour l’homme, avant d’être absorbé sous cette forme et d’entrer dans la chaine alimentaire.

Le mercure métallique a, quant à lui, la capacité de rester en suspension dans l’atmosphère pendant de nombreuses années.

Les résultats ont été obtenus grâce aux données acquises au cours de vols de recherche réalisés en octobre et novembre 2010 au-dessus de l’Amérique du Nord et de l’Europe, utilisant un avion du Centre national de recherche atmosphérique (Ncar). Les scientifiques de l’université Washington Bowell ont utilisé pour la campagne un appareil de mesure pouvant enregistrer, toutes les 2 minutes, à la fois la concentration en mercure élémentaire mais aussi celle en oxyde de mercure.
 
Il s’agit d’une grande première puisque le mercure n’avait jamais été mesuré simultanément dans l’atmosphère sous ces deux formes. Les scientifiques ont ainsi réussi à montrer que le mercure élémentaire s’oxyde dans la haute atmosphère, entre 8.000 et 15.000 mètres d’altitude. De quelle manière? Le processus n’est pas encore totalement compris. On sait seulement qu’une fois le mercure élémentaire oxydé, il disparait de l’atmosphère par précipitation, ou à la faveur du mouvement des masses d’air.
 
Dans certaines zones comme le Sud-ouest des Etats-Unis, les conditions atmosphériques semblent favoriser ce genre de phénomène.
«La haute atmosphère joue le rôle de réacteur chimique qui facilite les dépôts de mercure dans nos écosystèmes», explique Seth Lyman qui a dirigé l’étude.
 
Il semblerait donc que le mercure puisse précipiter à des milliers de kilomètres de son lieu d’émission. Ainsi, par exemple, le métal rejeté dans l’air par combustion du charbon asiatique, peut atteindre la haute atmosphère et faire plusieurs fois le tour de la terre avant de se déposer à des milliers de kilomètres de son point de départ.
 
 


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