Du mercure chez les ours polaires

Le 06 mai 2011 par Célia Fontaine
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Les effets du réchauffement climatique se ressentent plus tôt que prévu, particulièrement en Arctique où les niveaux de mercure augmentent de façon inquiétante, révèle une étude du Programme de surveillance et d'évaluation de l'Arctique (Amap, selon l’acronyme anglais) publiée aujourd’hui 6 mai.

 

Le rapport «Arctic Pollution 2011» est la troisième[1] étude sur la question réalisée par l’Amap, qui dépend du Conseil de l'Arctique et réunit les 8 pays[2] qui bordent la région. Il montre que le mercure (Hg) continue de présenter des risques pour les populations humaines et animales de l’Arctique.
 
Les taux relevés dans les tissus des ours polaires au Canada et à l’ouest du Groenland, ainsi que des phoques et des baleines belugas sont en augmentation. Et les émissions globales de cet élément chimique pourraient augmenter de 25% d’ici 2020 si aucune action n’est prise pour les contrôler…
 
Pour comprendre cette augmentation, il faut s’intéresser au réchauffement de la planète. Le mercure produit par la combustion de charbon (surtout en Chine, dont 80% de la production d’électricité est le fait des centrales au charbon) arrive jusqu’en Arctique par l’air et les courants marins. Il se dépose ensuite sur le sol et le pergélisol (le sous-sol gelé en permanence). Au moment du dégel, le mercure stocké dans le permafrost pendant des milliers d’années est relâché et se transforme en méthyle-mercure, un toxique dangereux, qui peut être ingéré par les organismes vivants. Les populations qui se nourrissent de ces animaux peuvent à leur tour absorber ce métal lourd, nocif à fortes doses.
 
Mais les résultats diffèrent en fonction des régions. Dans l’est du Groenland, la glace de mer donne aux ours polaires un accès plus aisé aux phoques, très contaminés en mercure. Au nord de la Norvège (à Svalbard), la raréfaction de la glace pourrait au contraire retenir les ours polaires à l’intérieur des terres, les éloignant de la nourriture polluée et les obligeant à manger davantage de plantes et d’animaux terrestres, précise Rune Dietz, chercheur danois et auteur principal de l’étude. D’importantes concentrations de mercure dans l’organisme des ursidés peuvent déclencher des troubles du comportement et entraîner la mort de l’animal.
 
«Des saisons sans glace, plus chaudes et plus longues, pourraient favoriser la production de méthyle-mercure», explique l’Amap. «Mais davantage de recherches sont nécessaires pour confirmer cela», est-il précisé.

 

Un autre rapport, publié en début de semaine au cours d’une conférence scientifique, montre que la fonte des glaces en Arctique pourrait élever le niveau global des eaux de 1,6 mètre ce siècle, soit deux fois plus que les projections publiées par le Giec, en 2007. Les deux études seront présentées officiellement la semaine prochaine.



[1] Deux autres études similaires ont été publiées en 1997 et 2002
[2] Canada, Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Russie, Suède et Etats-Unis


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