Du mauvais sang pour les gastro-entérites

Le 25 avril 2012 par Romain Loury
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Le sang du groupe A est apprécié par les rotavirus.
Le sang du groupe A est apprécié par les rotavirus.

Les rotavirus, principaux responsables de gastro-entérites, pourraient être plus attirés par les personnes de groupe sanguin A, selon une étude publiée dans la revue britannique Nature.

A l’origine des groupes sanguins, la présence à la surface des globules rouges, mais aussi sur les cellules intestinales, des antigènes A et B, constitués de molécules de sucres. Un individu est de groupe A lorsqu’il ne porte que l’antigène A, de groupe B lorsqu’il ne possède que l’antigène B, de groupe AB lorsque les deux sont présents et de groupe O en leur absence.

Responsables de 500.000 décès infantiles par an dans le monde, les rotavirus pourraient éprouver une préférence pour le groupe A, suggèrent Liya Hu, du Baylor College of Medicine de Houston (Texas), et ses collègues. Un phénomène déjà montré pour la bactérie Helicobacter pylori -responsable d’ulcères à l’estomac- et les norovirus, et qui s’expliquerait par une meilleure fixation à l’antigène A, que ces pathogènes utilisent comme point d’ancrage.

Selon des expériences menées avec des rotavirus de souche P[14], ceux-ci se fixent très bien sur des cellules portant l’antigène A, beaucoup moins sur celles présentant l’antigène B ou aucun des deux. Et l’incubation avec des anticorps dirigés contre l’antigène A, censée bloquer cette interaction, inhibe en effet la fixation du virus.

Au-delà de ces travaux in vitro, il reste à déterminer, par des études épidémiologiques, si ces virus frappent plus souvent les personnes de groupe A et si d’autres souches que la P[14] agissent de même.

«Ces résultats soulèvent des questions quant aux raisons pour lesquelles les humains ont développé différents groupes sanguins», commente l’un des auteurs de l’étude, Venkataram Prasad, dans un communiqué (http://www.bcm.edu/news/item.cfm?newsID=5524) du Baylor College of Medicine. «Ils pourraient découler d’un changement évolutif survenu après que ces pathogènes ont pour la première fois envahi les cellules humaines.»

En France, les porteurs de l’antigène A constituent environ la moitié de la population (groupe A: 45%, groupe AB: 3%). Le groupe O arrive en seconde position (43%), tandis que 9% des Français sont de groupe B. De grandes variations existent selon l’origine ethnique: les Indiens d’Amérique sont quasi tous de groupe O, le groupe B est plus fréquent en Asie qu’en Europe.

 



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